Un étudiant chinois à SciencesPo: les premiers pas (1/3)

France — par Yixian Sun le 15 juillet 2009 à 13:05

Prologue

Sept heures du matin heure française, dans le vol Air France. Cela fait moins de 8 h que j’ai quitté Paris, et moins de 70 h que j’ai fini mon dernier partiel en amphi Chaspal. Mais la nostalgie est déjà là et elle est si forte que je ne peux pas m’endormir dans la cabine. Je risque de pleurer. A cet instant, je suis fatigué physiquement mais aussi psychologiquement et la tristesse ne peut pas être cachée. Bien que j’aie eu à peu près 10 rendez-vous différents afin de dire au revoir à mes différents amis français, il me reste encore des tas de copains et copines, que je n’ai pas pu rencontrer avant mon envol. Surtout, je ne sais pas quand et où je les verrai la prochaine fois. Mais pour tous mes amis, mon invitation de voyage en Chine, à Nankin reste toujours valable, car je suis vraiment ravi et heureux de vous avoir connus !

Les premiers pas (1/3)

Cette année, c’est l’année la plus spéciale de ma vie, c’est la première fois que je quitte ma famille, ma ville et mon pays pour aller à Paris, dont je connais le nom depuis l’école primaire. Néanmoins la culture, les habitants, je ne les connais pas du tout. Pareil pour Sciences Po, même si j’étais fier d’avoir la chance de m’y inscrire. Honnêtement, je n’en avais aucune idée précise.

Avec les vœux des amis chinois et de toute la famille, je suis ainsi parti, vers midi le 4 septembre 2008 de Shanghai, tout seul, excité et inquiet en même temps.

Les premiers jours étaient durs, peut-être que « coup de foudre » n’est pas le bon mot pour définir la relation entre Paris et moi. J’étais installé à la Cité universitaire, les conditions étaient pénibles, je connaissais personne à part les Chinois en échange avec moi à Scpo avec qui j’avais déjà établi le contact. Au 27 aussi, pendant le programme d’accueil pour les étudiants internationaux, les anglophones se sont bien intégrés, par contre, je me sentais souvent isolé, solitaire. Heureusement, il y avait toujours des mecs très sympas et marrants, comme Julien, mon meilleur ami ni français ni chinois à SciencesPo, un grand garçon canadien. On s’est connu à la Cité U, c’est avec lui que j’ai passé la saint valentin, comme nos petites amies n’étaient pas là. On est allé à Rolland Garros pour la finale du 6 juin et c’est aussi lui, qui m’a aidé à préparer un exposé en anglais.

Dans Candide, M. Pangloss dit « tout ira mieux». Parfois, dans la vie cette phrase est correcte et surtout on doit avoir cet état d’esprit. Ainsi, j’ai réussi à trouver une famille française super sympa -les EGNELL- du 16ème arrondissement qui m’a hébergé, à partir du 18 septembre. Saint Guillaume – la rue Boissière est donc devenu mon itinéraire quotidien, je pouvais souvent admirer le Tour Eiffel depuis le parvis de Trocadéro, me promener sur le boulevard St-Germain. En automne, avec le soleil, la ville était super belle et la Seine était si charmante.

Du côté au 27, les cours ont commencé, j’ai ainsi commencé à faire la connaissance de plus en plus des amis, avec certains d’entre eux, on est devenu de vrai bons amis.

Photo : Panoramas / FlickR – Licence Creative Commons

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