Dernières images de Paris et premiers pas russes
Pékin Express — par Thomas Baïetto le 5 août 2009 à 13:0029 juillet, St-Petersbourg, 22h30 (heure locale). Confortablement calé devant l’unique ordinateur de l’hôtel, je prends le temps de revenir sur cette journée éprouvante. Le temps de me remémorer les dernières images de Paris, traversée à 6h du matin pour rejoindre Orly. Un bistro qui commence à s’étirer rue Pascal, un étal qui se monte rue Glacière, une course-poursuite, le marché de Rungis depuis l’autoroute, le Canard enchaîné au Relay d’Orly. Going up the country des Canned Heat dans les oreilles – cliché rassurant, quoiqu’un peu ridicule – lorsque l’avion décolle et me voilà parti pour un an. Après une escale a Berlin Tegel, je me retrouve pour la première fois de ma vie hors de l’UE. La télévision de l’avion diffuse le vidéo gag allemand puis un épisode de Friends, toujours en allemand, alors que nous survolons la mer Baltique.
L’avion finit par se poser a Pulkovo, l’aéroport de St Petersbourg. Sur le siège derrière moi, une petite française interroge ses parents » Elle est ou la Russie ?» . A peine sorti de l’avion, la réponse saute aux yeux: de l’architecture soviétique à l’absence de sourire de la douanière qui me contrôle, tout semble coller à la caricature habituelle. Pourtant, après un petit sprint pour prendre le bus n°13, les premières surprises pointent le bout de leur nez, ou plutôt de leur moustache, celle de notre chauffeur. Casquette noire vissée sur le crane, gants de vélo aux poings, alliance sandales-chaussettes aux pieds, chaîne et croix au cou, fanions et peluches tout autour du poste de conduite, il ne ressemble pas vraiment a son homologue français. Je ne suis pas au bout de mes surprises puisqu’au moment de payer – ici, l’usage est de payer lorsque l’on descend, comme nous l’a gentiment explique un vieux monsieur -, je remarque que l’un de ses fanions est celui de… l’Union Européenne.
Après le bus, le métro, et là les choses se compliquent quelque peu pour les non-russophones absolus que nous sommes avec Etienne. Première difficulté dès l’entrée dans la bouche, quel couloir choisir ? Au hasard, nous optons pour ce qui s’avérera être la bonne solution. 2e difficulté: où acheter des tickets ? Après s’être cassés les dents sur tout ce qui pouvaient ressembler de près ou de loin à un distributeur ou à un guichet – pêle-mêle: une machine obscure dont nous n’avons toujours pas compris l’utilité, ce qui nous a paru être a posteriori une billetterie de spectacles dont le guichet s’est aimablement fermé à notre arrivée -, nous tombons sur le bon. Et là, autre surprise, le St-Petersbourgeois ne fait pas la queue, ou alors de manière très relâché. Après s’être fait doublés plusieurs fois nous jouons des coudes et obtenons nos… jetons. Ici, il faut glisser un jeton dans le tourniquet, et ne pas essayer de le récupérer – ce que nous avons évidemment fait – puisque la machine les garde. Cependant, les adeptes du sautes-tourniquets ne doivent pas se réjouir trop vite puisqu’un employé surveille en permanence l’entrée, depuis sa petite guérite. 3e difficulté, trouver le métro. Le long d’un couloir, nous ne remarquons pas les groupes de gens qui patientent a cote de lourdes portes en fer. Notre étonnement est donc total lorsque nous voyons s’ouvrir cette série de portes sur le métro, à l’intérieur confortable quoiqu’un peu vieillot. Difficulté suivante, l’absence de panneau en station pour en indiquer le nom. Nous nous mettons donc consciencieusement à compter le nombre d’arrêts qui nous séparent de la station Nevsky Prospect, notre destination. Retour sur le quai et dernière difficulté, trouver la sortie, difficulté largement sous-estimée par notre optimisme, mais qui se rappelle a notre bon souvenir lorsqu’au détour d’une bifurcation, nous tombons nez a nez avec 3 escalators allant dans le sens contraire. Demi-tour donc puis nous voila enfin dehors. Nous regagnons l’hôtel sans trop nous perdre. Notre premier trajet est terminé !
Photo: Thomas Baïetto pour Amphis d’@illeurs – Licence Creative Commons
Tags: aéroport, Berlin, Canned Heat, Going up the country, métro, Paris, Pulkovo, Roissy, Russie, Saint-Pétersbourg, taxi, TegelAvertissement
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