Voyage humanitaire dans la ville des casbahs: soigner dans les villages (4/4)
Afrique — par Tatiana Nikolaeva le 5 août 2009 à 08:00Dernier article de cette série consacrée au système de santé marocain. Retrouvez l’ensemble des articles sur le profil Amphis d’@illeurs de Tatiana.
La dernière étape du voyage nous a amené dans les centres de soins situés dans les villages berbères. Nous étions répartis dans trois localités. Bien que la plus proche ne se trouvait qu’à une quinzaine de kilomètres d’Ouarzazate, il fallait presque deux heures pour l’atteindre en raison d’absence de route.
Le village où je suis restée presque une semaine s’appelle Fint. Son centre de soin est en réalité une pièce disposant d’un bureau, d’une table d’examen et d’une petite armoire à pharmacie. Le tout est sous la responsabilité de Zara. Cette femme âgée d’une trentaine d’années n’a eu qu’une formation paramédicale de base durant six mois, complétée par quelques jours passés à l‘hôpital afin d‘observer le travail des infirmiers. Pourtant, elle doit s’occuper de la santé de plus de 1500 personnes reparties autour d’une colline qu’elle grimpe plusieurs fois par semaine.
Le travail de Zara consiste à surveiller les femmes enceintes, les diabétiques, les hypertendus et toute personne nécessitant de l’aide. Les moyens dont elle dispose proviennent surtout des donateurs étrangers, notamment médecins qui viennent bénévolement pendant leurs vacances. En cas de problèmes sérieux, il est possible de contacter l’hôpital. Toutefois, l’absence des infrastructures adéquates laisse souvent Zara seule pour leur faire face.
Cette femme n’est pratiquement pas payée. Elle n’a ni mari ni enfants car elle refuse d’abandonner son travail qui lui prend tout son temps. Pourtant elle ne voudrait changer sa vie pour rien au monde. Son cas n’est pas isolé. Dans un autre village, c’est une jeune fille de 17 ans qui s’occupe du centre de soins. Sa localité, qui compte près de deux milles habitants, est tellement éloignée de tout que l’aide extérieure est impensable. Malgré cela, comme Zara, elle se bat au quotidien pour offrir aux villageois la meilleure prise en charge dont elle est capable .
En repartant du Maroc, j’étais admirative devant la dévotion des infirmiers hospitaliers et des responsables des centres de soins dans les villages. Je me demandais si j’étais capable de réaliser seulement la moitié de ce qu’ils font chaque jour. La réponse est certainement non. Nos habitudes de vie et nos représentations du métier sont pour l’instant trop éloignées les unes des autres.
Mais finalement, quel que soit le pays où l’infirmier exerce son métier, son travail mérite le respect puisque c’est l’Etre Humain qui au cœur de sa profession.
Photo: fabrizio2007 / Flickr – Licence Creative Commons
Tags: berbères, Fint, humanitaire, infirmière, Maroc, Ouarzazate, santé, villageAvertissement
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement les vues ou opinions de l'association Amphis d'@illeurs.


Tweet This
Digg This
Save to delicious
Stumble it