Un moment russe (3/3)
Pékin Express — par Thomas Baïetto le 17 août 2009 à 11:03Au moment où nous avions décidé de rejoindre la mer Baltique, à une dizaine de kilomètres du centre de Saint-Pétersbourg, nous étions loin de nous imaginer ce que nous allions vivre… Suite et fin de la rencontre de Thomas et Etienne avec une famille russe.
L’appartement
La soirée avançant, il est de plus en plus question de nous inviter à venir découvrir leur appartement. Après quelques hésitations gênées, nous nous plions à leur insistance. Nous pénétrons donc dans un petit immeuble, décrépi et suranné. Ils logent au 2e étage et visiblement, vu leur état d’ébriété, l’absence d’ascenseur leur coûte. Malgré leur peine et leur essoufflement, ils refusent toutefois notre aide. Nouvelle difficulté: ouvrir la porte. Ils finissent par tambouriner violemment. Une jeune femme leur ouvre et ne peux cacher sa surprise de nous voir. Nous comprenons qu’elle est la fille du couple et la mère des petites. Portant peu d’intérêt à la réticence de leur fille, ils nous poussent à l’intérieur.
Nous pénétrons dans un couloir sombre et étroit, où nous avons peine à manœuvrer, gênés par la présence de nos sac a dos. 1e étape, la cuisine. Minuscule. Mais cela ne les a pas empêchés d’y placer un téléviseur, accroché au-dessus de la porte. 2e étape, une chambre à coucher. Stupéfaction: nous découvrons une petite vieille fatiguée et visiblement en mauvaise santé, allongée sur le canapé. Poussé à son chevet par Ievgueni, nous tentons d’engager la conversation. Peine perdue étant donné qu’elle parle aussi bien anglais que nous parlons russes, c’est-à-dire pas du tout. Nous lui offrons tout de même une carte postale de Paris, qu’Etienne a eu la bonne idée d’emporter, précisément pour ce genre de situation. Cela lui fait manifestement plaisir.
Étape suivante, une autre chambre. Les petites y regardent la télé. Leur grand-mère les en chasse pour mettre un CD des Beatles. Alors que nous commençons à chanter, danser et nous rouler sur le lit, elle nous montre fièrement une photo de son idole, Paul Mc Cartney. Pendant ce temps, Karinia, qui venait de se mettre a courir partout dans l’appartement, revient avec un verre d’eau, qu’elle menace de renverser sur chaque personne présente dans la pièce. Ievegueni quant à lui prend un livre sur l’étagère et le tend à Etienne, lui faisant comprendre que c’est un cadeau. Devant son insistance et malgré notre incapacité a lire ne serait-ce que le titre, nous le prenons. Pas pour longtemps car ils s’en saisissent de nouveau pour nous le dédicacer. Quelques jours plus tard, nous apprendrons par une amie russophone qu’il s’agit d’un livre sur les folklores de Saint-Pétersbourg. En revanche, impossible pour elle de déchiffrer la dédicace.
Au vu de l’agacement de la jeune femme, nous comprenons qu’il est temps de prendre congé. Cela prendra un bon quart d’heure. Après une séance photo voulue par elle, une bonne douzaine d’accolades à Ievgueni et une bise à Olga, nous chantons tous ensemble à tue-tête un dernier couplet de Yesterday dans la cage d’escalier. Sur le chemin du retour, hébété par ce qu’il vient de nous arriver et les quelques verres de vodka, nous planons littéralement.
Qui a dit que les Russes étaient des êtres froids et impersonnels ?
Thomas Baïetto & Etienne .
Photo: Etienne / Amphis d’@illeurs – Licence Creative Commons
Tags: appartement, Beatles, cuisine, famille russe, Paul McCartneyAvertissement
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