Se lécher les babines en Styrie

Europe — par Bénédicte LAUMOND le 24 août 2009 à 08:30

Une amie tchèque vient de m’offrir un livre dans lequel se trouvent une grande partie de nos moments passés ensemble cette année. Elle m’écrit sur une page „Wir essen nicht, damit wir leben, sondern wir leben, damit wir essen können“ (Nous ne mangeons pas pour vivre, mais nous vivons pour pouvoir manger). A la première lecture, je n’ai pu m’empêcher de rire, tellement il fallait reconnaître que c’était vrai.

Alors pourquoi est-ce que la nourriture a pris autant de place dans ma vie en Autriche ? Parce qu’encore une fois, je dois bien avouer qu’en arrivant à Graz, j’avais une très mauvaise image de la nourriture autrichienne que je me représentais comme une peinture remplie de saucisses qui font « splash » quand on plante une fourchette dedans…

La nourriture fut tout d’abord le ciment de mes amitiés. Je n’ai jamais organisé autant de dîners que cette année. A ces occasions, il fallait donc cuisiner quelque chose. Tous les plats y passèrent, les plats tchèques, croates, français …et autrichiens. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la nourriture autrichienne n’est pas faite uniquement de charcuterie.

Mes babines furent particulièrement sensibles aux Kaiser Schmarrn (sortes de morceaux de crêpes épaisses engloutis avec de la confiture de prunes) mais aussi aux pâtisseries au pavot, graine très peu utilisée chez nous… dans la gastronomie tout du moins.

Bien entendu, en plus de manger il a fallu boire. Les vins autrichiens défilèrent sur ma table : la médaille d’or revient au vin frais et pétillant de l’automne, le « Sturm ». En revanche, les vins blancs ne valent pas grand-chose pour moi. Mais heureusement leurs bières rattrapent tout.

A posteriori, je me rends compte de l’importance qu’ont eue ces repas dans mon intégration autrichienne. C’était comme un rendez-vous régulier surtout l’hiver pour raconter les potins, pour séduire, pour rire et pour améliorer son allemand… ou son dialecte.

Mon verdict est donc le suivant : contre toute attente, les plats autrichiens ne se réduisent pas à l’image que l’on en a de mets gras. Ce serait oublier les influences italiennes et croates.

De plus, la Styrie ne peut que vous ensorceler avec son huile de graine de courges qui est absolument incroyable. En outre, les Strudel (roulés) feront pétiller vos yeux les jours de grand froid. Je pense sincèrement que mes découvertes culinaires ont contribué à mon amour pour ce pays. Comme les paysages montagneux, les plats sont hauts en couleurs… et en saveur. J’ai donc compris qu’un pays ne se juge pas qu’à la beauté de ses reliefs, la gentillesse de sa population ou encore la culture dont il est imprégné mais aussi à l’émotion que déclenche en nous son art culinaire.

Cette gastronomie déclencha en moi émerveillement, amusement et addiction… j’ai pris 5 kilos.

Photo : Wieland Götting / Flickr – Licence Creative Commons

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    1 commentaire

  • Pauline dit :

    Tout à fait d’accord avec la citation du livre!
    ça me donne faim, et envie de faire un article sur la nourriture thaïlandaise! :)

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