FLY WITH US!
Amérique Latine — par Rahel Demant le 8 septembre 2009 à 08:00Le débarquement à Buenos Aires, dans la nuit, comme moi je l’ai vécu, est sublime. Les lumières de la ville s’étendent jusqu’à l’horizon et font du vol une expérience inoubliable.
Comme convenu, José Ortiz, le fondateur de l’organisation étudiante de Buenos Aires vient me chercher à l’aéroport de Buenos Aires. Durant tout le trajet vers le centre de la capitale de l’Argentine, les raisons et le long processus d’inscription, nécessaire pour ma venue à Buenos Aires, me passent par la tête.
Pourquoi suis-je venu? Mon objectif, qui se trouve également dans ma lettre de motivation, est naturellement, et tout d’abord, d’améliorer mon espagnol, et deuxièmement, de satisfaire mon grand intérêt pour le développement économique des pays en voie de développement. Plus particulièrement, je m’intéresse à la situation des jeunes entreprises en Amérique latine par rapport à celle des start-ups dans l’Union Européenne.
Mon premier contact est Emiliano Saavedra dont j’ai fait la connaissance pendant une des nombreuses soirées portenos. Il est « Creative Director» chez Mirabilia (http://mirabiliaudiovisual.com.ar/), une entreprise qui offre des web design motion graphics et interactive web animation.
Le jour suivant, nous nous sommes donnés rendez-vous dans un café mal connu proche d’un grand shopping « d’Alto Palermo» . Emiliano a 25 ans, a étudié « Sciences of communication» , est bilingue italien et espagnol, n’a pas de difficultés en anglais, porte t-shirts et jeans de façon très décontractée et ne ressemble pas du tout à un businessman qui passe ses week-ends à travailler et à améliorer sa propre entreprise à coté de son travail de consulting en semaine.
A mes premières questions, Emiliano ne répond pas autrement que ce qu’un collègue européen n’aurait fait. Pourquoi fonder une entreprise et que signifie « être un entrepreneur» ? Peut-il donner des conseils pour d’autres jeunes entreprises ?
Les raisons de la création de son entreprise sont l’indépendance et la liberté personnelle et professionnelle, le fait d’être le créateur de la grande machine et pas seulement la roue. “Fly with us”, la maxime de Mirabilia exprime ce souhait, ou plutôt, ce rêve. Cependant, les inconvénients sont le stress, le risque élevé de faillite et le poids de la responsabilité mais le développement d’une passion qui aide à tenir bon peut aider tout entrepreneur.
Mais, ce qui m’intéresse le plus : y-a-t il des différences, des difficultés particulières pour un entrepreneur argentin par rapport à un français?
A son avis, non. L’internet fonctionne partout de la même manière, et il ne voit pas de différences particulières, seulement l’avantage du prix.
Là, personnellement, je ne suis pas d’accord. Les différences se voient d’un seul coup d’œil. L’internet ici fonctionne plutôt par hasard que régulièrement et de manière fiable. Dans une entreprise, même si l’avantage du prix, qui est assuré par les petites structures de Mirabilia, est important, on doit toujours pouvoir faire confiance à la technologie avec laquelle on travaille.
Au fil de mes questions, il n’y en a qu’une seule à laquelle Emiliano répond clairement d’une autre manière que les jeunes entrepreneurs européens : chacun peut-il fonder une entreprise?
Je me serais attendue à oui, c’est-à-dire que chacun dispose des mêmes moyens pour faire sa fortune. Pourtant, Emiliano reconnait que certaines circonstances facilitent les choses. Sans son grand réseau familial qui sert d’intermédiaire et aide beaucoup à trouver des nouvelles commandes, l’entreprise n’aurait pas pu s’établir et agir de manière indépendante comme elle le fait maintenant.
En résumé, même si je n’ai pas pu trouver de réponse importante à ma question principale : quelles difficultés particulières ont les entreprises en Amerique latine ; derrière toute réponse, j’ai pu découvrir des pièces de la culture argentine.
Pourquoi par exemple l’indépendance est-elle si importante pour lui et se répète dans toutes les réponses de l’interview ? C’est, d’après Emiliano, parce que les jeunes argentins vivent jusqu’à l’âge de 30 ans chez leurs parents. De là vient alors le grand esprit fondateur argentin…
De surcroît, ses origines italiennes, typiques pour les Portenos (population immigrée de l’Europe et d’une grande partie de l’Italie), et ses connaissances du français, de l’anglais et de l’italien laissent Emiliano rêver d’opportunités de coopération, tout d’abord avec l’Italie puis, encore plus lointain, d’une expansion sur tout le continent européen..
Bonne chance !
Photo: Sebastián-Dario / Flickr – Licence Creative Commons
ERRATUM : contrairement à ce qui était indiqué précédemment, l’auteur de l’article n’est pas Guillaume Fleury, qui est responsable de notre zone Amérique Latine. FLY WITH US! a été écrit par Rahel Demant. Toutes nos excuses pour cette erreur.
Tags: arrivée, Buenos Aires, développement économique, entreprise, espagnol, InternetAvertissement
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement les vues ou opinions de l'association Amphis d'@illeurs.


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