Life in its liberal way : Berkeley ou l’Amérique libérale.

Amérique du Nord — par marjolaine grondin le 10 septembre 2009 à 14:00

Berkeley… ou une petite ville étudiante sur la côte californienne, à quelques minutes d’”everybody’s favorite city”. Selon les termes de Louise, ancienne étudiante en échange à Berkeley, “il n’y a que des étudiants, le campus est génial pour lire au soleil, l’ambiance est vraiment très cool (tu ne sais plus trop si tu es à la campagne, à la ville, à la mer), c’est à la fois calme et festif, bref moi j’ai adoré! Au printemps il y a plein de fleurs (les rues sentent le jasmin!!) et d’arbres en fleur, c’est magnifique!”

Petit tour d’horizon d’une ville américaine atypique, considérée comme européenne par ses concitoyens, mais… sooo american, à travers une sélection d’anecdotes et principes qui régissent le quotidien à Berkeley. Berkeley, l’Amérique libérale. Mais l’Amérique, tout de même.

Tout d’abord, le “berkeleyien” est une espèce qui se déplace majoritairement en vélo, à pied, ou en skate. Il peut arriver qu’un jour, souvent lorsque’il travaille de l’autre côté de la Baie, il décide d’adopter le mode de vie de son confrère Los Angelessien, soit acheter une voiture (s’y promener à pied peut exposer à une sanction pour vagabondage -oui, oui, le Mcdrive, le drive-in, le périph’ embouteillés près du downtown, ne sont pas un mythe… certains musées ont même des car-elevators à l’intérieur !). En ce cas, les autocollants “PEACE PLEASE”, “Obama”, “Equal marriage for all”, sont de rigueur à l’arrière.

"Fast" food doesn't always mean "junk" food...

A Berkeley, comme souvent aux Etats-Unis, on boit du coca. Mais dans une paille en carton. (Un coca au goût de carton effrité après quelques gorgées… Etre green, d’accord, mais à quel prix ?). On mange des hamburgers. Au tofu, certes. (j’exagère ; il y a possibilité de négocier).

Les Américains – par “Américains”, j’entends Nord-Américains-du-centre-de-l’Amérique-,-entre-le-Canada-et-le-Mexique (ce petit raccourci non érudit me permet en effet de gagner quelques caractères), sont très pointilleux sur le respect des horaires – des règles en général. Ils en édictent pour absolument tout. Certes, à Berkeley, on se DOIT d’arriver à l’heure. A “Berkeley time”. Traduction : 10 minutes plus tard que le reste du pays. J’ai cours à 11h. A moins 10, je suis encore au lit. Le cours commence dans 20 minutes : “J’suis laaaarge”. (Attention, on en oublie que dans la vrai vie, on a 10 minutes de retard tout court) Ces 10 minutes sont encore plus institutionnalisées que le “quart d’heure de politesse” parisien, c’est dire.

Certains étudiants sont croyants -comme 99%, chiffre officiel, (…) des Américains. Mais là encore, ils expriment leur “foi” de manière.. légèrement différente ; par exemple lors des “réunions chrétiennes” (Go, Christian Fellowship !!), ils jouent avec un ballon énorme sur le rythme de Blink 182 et autre Good Charlotte, à 23h. Bien sûr, les garçons n’ont pas le droit de toucher les filles avec le ballon – la Bible l’interdit, c’est bien connu. Mais tout de même ; j’apprécie l’effort.

Bien que différent, ce petit coin qui ne semble d’aucun lieu appartient géographiquement à l’Etat de Californie, et les effets de la crise s’y font largement ressentir. Berkeley compte de nombreux sans abris ; jeunes, qui vivraient ici par choix, et moins jeunes. Mais ici, les homeless ont un mode de vie plutôt atypique… certains jouent de la guitare électrique en lunettes de soleil, d’autres jouent aux yoyos lumineux (“That’s beautiful, man”, lui lance une étudiante hippie en passant), certains scandent des idé(es/aux) politiques, tandis que d’autres, enfin, récoltent tout les papiers ou objets en cartons qui n’ont pas été triés…

Difficile finalement de retranscrire l’ambiance qui règne ici, à Berkeley, ou l’autre face des Etats-Unis, la ville libérale à l’origine de changements sociaux majeurs (dont le Free Speech Movement, en 1964)…

Les mots de John Berger me semblent en revanche très juste :

I knew I’d been living in Berkeley too long when I saw a sign that said “Free firewood” and my first thought was “Who was Firewood and what did he do?”…

Photos :
Stefan Didak – Flickr / Licence Creative Commons
Marjolaine Grondin pour Amphis d’@illeurs

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