Qui a dit que les Aussies ne cuisinaient pas ?

Océanie — par Sophie Cucheval le 12 septembre 2009 à 14:00

Fast-foods et cuisine thaï. Voilà, à peu près, l’opinion que nous tous avons de l’étendue de la cuisine que l’Australie peut nous offrir. Et pourtant, le touriste avisé ou l’étudiant curieux se rendront vite compte que ce constat est un peu trop réducteur.

Certes, à peine sommes nous descendus de l’avion que d’agressives pancartes nous avisent de jeter tout type de nourriture non autorisée sur le sol australien. Certes, les fast-foods, de l’innommable Hungry Jacks au plus équilibré Subway, en passant par l’éternel MacDo, affluent à tout coin de « blocks ». Certes, la Vegemite, c’est définitivement immangeable, même à petite dose, même après plusieurs essais, même coupée avec du beurre.

Et, pourtant, les compétences culinaires de l’Australie allaient bientôt nous surprendre. Après tout, ne venais-je pas de profiter d’une journée de vol pour feuilleter un guide qui décrivait quatre pages durant une cuisine méconnue et sous-estimée ? Tour d’horizon pour vous convaincre et vous allécher.

Premiers jours à l’auberge de jeunesse. The Nunnery rythme la semaine par des activités différentes chaque jour. Le dimanche matin, c’est pancakes. Le mardi soir, c’est soupe. Et quels pancakes ! Et quelle soupe ! A la place du bouillon plus ou moins maussade auquel on s’attendait, nous avons dégusté une soupe aux tomates et tofu.

Vivre en Australie devient rapidement une véritable épreuve de résistance. Au supermarché : comment ne pas remplir son panier des TimTam, biscuits australiens tout chocolat ? En ville : comment ne pas résister aux délicieux scones chocolat-bananes ou miel-framboises qui trônent sur la devanture d’une boulangerie situé sur le chemin pour aller à l’université ? A l’université : comment ne pas terminer son « lunch » par un muffin, sachant qu’il ne faut pas perdre son temps car il n’est pas certain qu’un an suffise à tous les goûter ?!

Un samedi midi d’Août, pique-nique dans un endroit dont un ami Australien a le secret. Au moment de déballer ce que chacun avait apporté ; nous réalisons, avec effroi, que notre jambon et notre fromage sous vides ne rivaliseront pas avec les « dips » de nos amis, leurs fruits – kiwis, pastèques et fraises – et légumes – betteraves, carottes, avocat et salade – déjà découpés et présentés dans une assiette en verre et leur… baguette !

Dîner dans un restaurant chic de Melbourne. Au menu, dégustation de spécialités australiennes (en petite quantité – partage des plats – budget étudiant oblige !). On découvre que le wallaby a un goût plus prononcé que le bœuf mais moins que le gibier. Que le crocodile et l’émeu, c’est délicieux. Que le kangourou ne vaut pas le wallaby. Que le « quandong » est un fruit aborigène aux saveurs de pêche et d’abricot. Que les feuilles d’eucalyptus, on ne comprend toujours pas comment un koala peut avaler cela. Nous goutons tour à tour les patates douces, le fromage des Gippsland et les noix australiennes. Le tout servi par un personnel accueillant qui ne manquera pas de vous dire « je parle un peu le français ».

L’Australie est une terre d’immigration. En témoigne sa cuisine parsemée d’influences diverses que Melbourne nous donne l’occasion de découvrir. Aller en cours pour avoir le plaisir d’hésiter quand au contenu de son déjeuner : nans, calzone, burgers, sushis, kebab, donuts. Marcher sur Lygon street pour humer l’odeur des pizzas qui cuisent au four et des « spaghettis alla carbonara ». Découvrir un restaurant ou les pizzas sont a quatre dollars tous les soirs de la semaine… Se perdre dans Chinatown pour gouter nems et soupes chinoises.

On reconnaitra cependant la pression qui pèse sur nos épaules françaises, notre nationalité faisant de nous d’excellents cuisiniers aux yeux des Australiens. Alors, comme ca, tu ne sais pas faire le bœuf bourguignon ? Alors, comme ca, vous ne buvez pas que du bon vin en soirées en France ? Vous buvez aussi de la bière ? On leur pardonnera ces cliches. On en avait tous aussi quelques temps auparavant…

Photo: Sophie Cucheval / Amphis d’@illeurs – Licence Creative Commons

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    1 commentaire

  • Ici, c’est Chinatown tous les jours ^^ Et nous ne sommes pas sur de pouvoir tout essayer en un an ^^ Par contre, il faut oublier bonbons, biscuits et déserts, ce n’est vraiment mais alors vraiment pas le fort de la cuisine chinoise ^^

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