Cap sur l’île d’Olkhon !

Pékin Express — par Thomas Baïetto le 16 septembre 2009 à 09:00

A une petite centaine de kilomètres  d’Irkoutsk, 5e étape de notre voyage, se trouve le lac Baïkal. Je vous épargne la longue liste de chiffres et de superlatifs le concernant que vous pouvez trouver sur Wikipédia. Retenez simplement deux choses: sa taille – plus de 600 km de longueur pour un peu moins de 100 km de largeur – et la qualité de son eau, si pure que l’on peut la boire telle quelle. La « perle bleue de Sibérie»  – appellation méritée quoiqu’un peu cucul – constitue donc un passage obligé pour tout voyage transsibérien. D’ailleurs, il constitue pour la grande majorité des gens que nous avons croisée l’unique étape entre Moscou et Oulan-Bator.

La petite île d’Olkhon quant à elle, se situe à environ 300 km au nord d’Irkoutsk, à proximité de la rive occidentale du lac. Comme rien n’est réellement petit en Sibérie, elle s’étend sur 70 km de long et 20 km de large. Le relief y est  plaisant, avec quelques montagnes et collines. Sa surface est essentiellement recouverte de forêts, avec cependant quelques zones de pâturages où paissent vaches, chèvres, moutons et chevaux.

L’été, pour se rendre sur l’île, il faut emprunter au choix l’Olkhon Express, bus public de couleur jaune, ou l’un des vaisseaux de l’anarchique flotte de camionnettes privées dont les chauffeurs vous courtisent à l’entrée de la gare routière d’Irkoutsk. Nous avons opté pour la première option. Le trajet dure environ 7 heures, d’abord sur une route correcte puis sur une mauvaise piste. C’est un peu comme si quelqu’un s’était amusé à glisser sous la terre et le sable des kilomètres de tôles ondulées. Puis, il faut s’arrêter à Sakhourtia où deux ferry se relayent pour transporter les véhicules de l’autre côté du bras de lac (sic) qui sépare l’île de la rive. Ici, il faut patienter une bonne demi-heure avant de poursuivre, demi-heure qui fait le bonheur des petits stands de Chachliks – brochettes russes – et autres installés sur le quai. Nous remarquons même un … stand de tir, semblables a ceux que l’on peut trouver dans nos fêtes foraines. Une fois à bord, la traversée ne prends pas plus de 10 minutes. A peine remonté dans le bus, nous assistons à une drôle de scène. Un homme en treillis  monte et hurle : « Registration please !» . En Russie, il est nécessaire pour les étrangers de s’enregistrer lorsqu’ils demeurent plus de trois jours dans la même ville. En règle général, ce sont les hôtels qui se chargent- moyennant finance ou gracieusement – de cette formalité. Dans la pratique, s’il faut faire attention à avoir quelques tampons sur son passeport à la sortie de Russie, il n’est pas nécessaire de le faire systématiquement. L’homme demande à l’assistance de le suivre dans un espèce de préfabriqué anonyme, posé sur le bord de la route. Là, il faut payer pour obtenir un vague coupon tamponné. L’absence totale d’écusson officiel sur son treillis finit de nous convaincre de quitter les lieux sans effectuer la formalité. L’homme est vraisemblablement un petit malin qui s’amuse à racketter les touristes.

A bord de l'Olkhon Express !

A bord de l'Olkhon Express !

Quelques km de pistes et de tôles ondulées plus loin, nous arrivons a destination: Khoujir, « capitale»   d’Olkhon. L’ile ne comptant que 1500 habitants, c’est en fait un petit village posé au bord du lac. Ses petites maisons en bois aux toits et fenêtres de couleurs vives – caractéristique de la Sibérie – sont distribués de part et d’autres de larges rues sableuses, entre le lac et la forêt. Les deux principaux axes sont la piste qui vient d’Irkoutsk et la rue … Lénine (prospekt Lenina), évidemment ! Au milieu, une grande mare boueuse ajoute au charme champêtre de l’endroit. Les vaches et les chiens sont en effet chez eux ici et il n’est pas rare de les voir arpenter les rues.

La mare centrale de Khoujir

La mare centrale de Khoujir

Une rue de Khoujir

Chandail rouge et jupe violette dans une rue de Khoujir

Photos: Thomas Baïetto / Amphis d’@illeurs Licence Creative Commons

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