Se baigner dans le Lac Baïkal ou l’hydrocution inversée !

Pékin Express — par Thomas Baïetto le 20 septembre 2009 à 11:00

Outre son caractère sauvage et désolée, l’attrait de l’île d’Olkhon réside dans le fait que l’on se retrouve au beau milieu du lac. Je ne pouvais évidemment pas la quitter sans m’y baigner. Encouragé par une première tentative réussie – quoique courte – sur la rive orientale de l’ile, par un temps plus que mitigé et à l’issue d’une longue et usante sortie en VTT, je décidais d’y retourner une seconde fois, bien décidé à rester dans l’eau plus d’une minute.

Cette fois-ci, il faisait un temps superbe et je me trouvais de l’autre côté, sur la rive occidentale. Appelée la petite mer, cette partie du lac est coincée entre l’île et la berge. Par conséquent, elle est réputée plus propice à la baignade parce que plus chaude. C’est évidemment relatif: il ne faut pas oublier que les eaux du lac ne dépassent jamais les 15 degrés. Toutes les conditions étaient donc réunies pour une vraie baignade, un peu plus longue que la précédente.

Après les précautions d’usages pour éviter l’hydrocution, je me glisse entièrement dans l’eau. Et en ressors immédiatement ! Je répète l’opération deux fois avant de parvenir à y rester. Pour ce faire, il est indispensable de faire abstraction des poignards glacés qui semblent me transpercer le corps. Heureusement, le contact du sable sous mes pieds est d’une douceur réconfortante. Je décide de nager pour me réchauffer et commence à me diriger vers le « large» . Pas franchement d’humeur aventurière, je fais rapidement demi-tour et là, je commence à regretter de m’être éloigné. En effet, mes bras et mes jambes sont comme engourdis et j’éprouve des difficultés à les mouvoir pour nager. Le fond n’étant pas loin, je choisis de le toucher et me mets à marcher pour rejoindre la plage. Je me sèche rapidement et me rhabille, pensant trouver réconfort dans ma chaude polaire. Une étrange sensation m’envahit alors. Tandis que ma peau se réchauffe progressivement sous l’effet de mes vêtements, je demeure glacé à l’intérieur. Le mélange de ces deux sensations est très désagréable et je ne tarde pas a me sentir mal.

Un couple suisse que nous avions croisé à Irkoutsk nous avait expliqué qu’il fallait se méfier de la différence de température entre l’eau et l’air. Je ne soupçonnais pas que cela valait également pour la sortie de l’eau. L’hydrocution « inversée»  me semble la meilleure formule pour décrire cette étrange sensation, qu’une bonne douche bien chaude a su faire disparaitre!

Photo: Etienne / Amphis d’@illeurs – Licence Creative Commons

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