Le G20 vu d’Australie
Pittsburgh Welcomes the World — par Guillaume Gueguen le 29 septembre 2009 à 01:00Nos contributeurs présents dans les pays membres du G-20 nous parle de la couverture de l’événement dans leur presse locale… Guillaume, également en échange en Australie, achève le tour d’horizon médiatique de ce vaste pays.
C’était à Melbourne, deuxième ville d’Australie, que le G20 s’était réuni en 2006. La crise a depuis lors secoué l’économie mondiale, et le G20 de Pittsburgh qui se tient cette semaine concentre des espoirs de stabilisation et de reprise.
Bien qu’appartenant culturellement et économiquement à l’Occident, l’Australie, dans une situation de grand isolement géographique au milieu des océans de l’hémisphère sud, vit sous certains aspects en marge du monde. La petite taille du marché national, d’à peine plus de 20 millions d’habitants, le tient à l’écart de beaucoup d’investissements internationaux. Les Australiens, ouverts et tournés vers l’extérieur, sont néanmoins conscients de leur isolement et semblent peu affectés par la plupart des événements qui agitent, au loin, l’actualité mondiale. A Sydney, la une des journaux est plutôt accaparée par la tempête de sable, venue des étendues désertiques de l’intérieur du continent, qui s’est abattue mercredi matin sur la ville, bloquant pendant quelques heures les aéroports et ferries dans une surréaliste brume rouge. Un événement sans précédent immédiatement relayé par les médias nationaux, déjà d’habitude plus portés sur les faits divers et la vie des célébrités que sur l’actualité politique.
Cependant, le pragmatisme des Australiens leur rappelle qu’ils sont dépendants des fluctuations de l’économie internationale, et que le G20 de Pittsburgh les concerne directement. Journaliste économique, Tim Colebatch saluait dans le Sydney Morning Herald de mardi, journal de référence, l’initiative d’une concertation internationale sur l’économie. Kevin Rudd, le Premier Ministre australien (travailliste), avait vanté la bonne tenue de l’économie nationale. C’est avec une familiarité et une simplicité qui auraient été déplacées en France, que Tim Colebatch s’adresse directement à Kevin Rudd, afin de lui rappeler que d’autres pays font mieux dans les domaines de la croissance et du chômage. Vendredi Anne Davies, la correspondante à Pittsburgh du Sydney Morning Herald, qualifiait de « grande victoire pour l’Australie et les nations en développement » le remplacement du G8 (dont elle ne faisait pas partie) par le G20. Bien que le pays aie des attentes quant à la stabilisation de l’économie mondiale, il semblait jusqu’ici observer les conflits d’intérêts entre les grandes puissances sans y prendre vraiment part, à la même manière de beaucoup de pays émergents. La position de l’Australie est en accord avec le ton dominant de la vie politique nationale : principalement gestionnaire et sans passions. Cependant, la consécration du G20 est susceptible de renforcer sa place dans la négociation internationale.
Photo: International Monetary Fund / Flickr – Licence Creative Commons
Tags: Australie, crise, G-20, Melbourne, RuddAvertissement
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement les vues ou opinions de l'association Amphis d'@illeurs.


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