Au fil de la Chine, quelques impressions de voyage ! (1/2)

Asie — par Thomas Baïetto le 4 février 2010 à 10:00

Après un interminable premier semestre sans vacances de Noël, Chunjie (春节), la fête de printemps – que l’on connait mieux en occident sous le nom de nouvel an chinois – vient ouvrir les portes des universités chinoises. Contrairement à la majorité des chinois qui ne se voient généralement offrir que 10 jours de congés, l’étudiant bénéficie lui d’un bon mois et demi de vacances. L’occasion pour le 留学生 (liuxuesheng, étudiant en échange) de partir à la découverte de cet immense pays, dont il ne connait, après 6 mois passés dans la capitale, somme toute pas grand chose. Impressions de voyage en vrac !

Où sont les livres ?

Dans le métro, le train et l’avion, c’est partout le même constat: il est rare de trouver un chinois en train de lire. Certes, vous trouverez toujours un ou deux étudiants, confortablement calés sur leur couchette, livre à la main.  Dans l’avion, vous apercevrez quelques passagers absorbés dans la lecture du journal distribué par les hôtesses de l’air. Mais ce ne sont que de rares exceptions. Que font-ils alors, durant ses longues heures de voyage ? Dans le train et l’avion, ils mangent, dorment, jouent aux cartes. Dans le métro, ils pianotent sur leur portable ou perdent leur regard dans l’écran de télé qui, dans chaque rame, déverse son lot de publicité, de bandes annonces et d’informations.

Les cantonnais

Miam, une tête de pigeon !

Miam, une tête de pigeon !

Selon un proverbe chinois, les cantonnais mangent tout ce qui a quatre pattes, sauf les tables et les chaises, tout ce qui a des ailes, sauf les avions ! Pour ma part, si je n’ai pas hésité à dévorer le pigeon entier qui se trouvait dans mon assiette, j’avoue ne pas avoir su que faire des pénis de cerf séchés proposés dans le marché de la vieille ville. Quand à la soupe de chat annoncé par le Routard, je la cherche encore !

Les pénis de cerf séchés

Les pénis de cerf séchés

De l’air !

Beijing, son climat sec et ses jeux olympiques avait jusque là épargnés à mes poumons l’expérience de la vraie pollution. Pas celle qui fait légèrement toussoter, et que l’on peut tout à fait retrouver à Paris. Non, celle qui vous prend à la gorge, ne vous lâche pas et vous oblige à vous couvrir la bouche avec votre écharpe, que fort heureusement vous avez sur vous. Je l’ai expérimenté une première fois à Canton, ville engluée dans un enchevêtrement de ponts autoroutiers, puis à Zhanjiang et … à vélo sur les routes de campagne de Yangshuo à chaque fois qu’un véhicule me dépassait ! En Chine, les problèmes écologiques sont déjà là et le récent engagement du gouvernement central sur la question, quoique sincère et ambitieux, vient un peu tard. Difficile d’imaginer que le pays s’en tirera sans dommage en matière de santé publique.

Longue vie au président Mao !

Plus l’on s’éloigne des grandes métropoles – Beijing, Shanghai, Nankin, Hong Kong, Canton -, plus le visage du fondateur de la République populaire de Chine apparait dans les endroits les plus incongrus, au détour d’une boutique, d’un salon de coiffure, d’un magasin de scooter ou d’un rayon de supermarché. En une seule journée passée dans la banale ville de Zhanjiang, j’ai pu compter pas moins de 9 portraits ! Oublié l’incompétence et les folies de celui dont les décisions ont provoqué la mort de dizaines de millions de chinois, Mao, c’est un peu un ange gardien, un talisman qu’il est bon d’arborer. La faute à une démaoïsation jamais entreprise depuis la mort du grand timonier, alors même que Deng Xiaoping, le successeur de Mao, ainsi que de nombreux leaders chinois de cette génération ont durement souffert des campagnes maoïstes. Officiellement ont-ils décrété, Mao, c’est 70% de réussite et 30% d’erreur ! Et tant pis si, la politique d’ouverture économique menée par Deng et ses successeurs est l’exact contre-pied des thèses maoïstes ! Les dirigeants chinois ne sont pas à une contradiction près et Mao demeure malgré tout la source de leur légitimité ! Ce méli-mélo idéologique permet d’amusantes associations, tel ce Mao trônant au sommet d’un présentoir Coca-cola dans un supermarché de Zhanjiang, que l’étranger de passage ne peut s’empêcher photographier sous le regard ahuri des employés du magasin.

Mao Coca

A suivre…

Photos: Victor Karayan & Thomas Baïetto / Amphis d’@illeurs – Licence Creative Commons

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