Au fil de la Chine, quelques impressions de voyage (2/2)

Asie — par Thomas Baïetto le 8 février 2010 à 10:00

Après un interminable premier semestre – i.e sans vacances de noël -, 春节 (Chun jie), la fête de printemps – le nouvel an chinois – vient début janvier ouvrir les portes des universités chinoises. Contrairement à la majorité des chinois qui ne se voient généralement offrir que 10 jours de congés, l’étudiant bénéficie lui d’un bon mois et demi de vacances. L’occasion pour le 留学生 (liuxuesheng, étudiant en échange) de partir à la découverte de cet immense pays, dont il ne connait, après 6 mois passés dans la capitale, somme toute pas grand chose. 2e volet de mes impressions de voyage !

Laowai !

老 外, laowai, littéralement « vieux étranger»  est l’expression familière utilisée par les chinois pour désigner les étrangers. Si à Pékin, les laowais n’étonnent plus grand monde, ce n’est pas le cas lorsque l’on s’éloigne de la capitale !  Dans la rue ou au restaurant, les gens s’étonnent, se retournent sur notre passage, nous interpellent. A Zhanjiang, ville méconnue des guides touristiques mais où l’attente d’une correspondance nous a conduit, nous avions l’impression d’être de véritables bêtes curieuses !  Mais s’ils ne sont pas discrets, ses regards et doigts pointés restent cependant sympathiques et la situation est plus drôle que gênante ! Amusant également de constater que tout comme les occidentaux collectionnent les généralisations hâtives sur « les chinois» , ces derniers font de même avec les laowais. Une vendeuse de rue à qui je disais – pour me débarrasser d’elle, il est vrai – que je n’aimais pas les mangues m’a répondu qu’elle ne me croyait pas parce que tout les laowais aimaient les mangues !

Hainan: Bienvenu en Russie !

Bienvenu en Russie !

L‘île de Hainan, la plus petite province de Chine, est à l’extrémité sud de la Chine. Ses plages de sable fin et ses températures estivales en font un lieu de villégiature privilégié. Les autorités locales l’ont bien compris, elles qui souhaitent faire de l’île le Hawaï chinois – l’île américaine est d’ailleurs située sur la même latitude ! Mais en débarquant à Sanya, sur la pointe sud de l’île, je me suis plutôt retrouvé dans une station balnéaire russe de la mer noire, tant l’alphabet cyrillique semble ici avoir supplanté les caractères chinois ! De fait, sur les enseignes de la majorité des restaurants et hôtels du front de mer, le chinois , lorsqu’il apparait, n’est que le minuscule sous-titre de grosses lettres cyrilliques !

Chinglish !

Si, pour cause de Jeux olympiques, le Chinglish se fait rare dans les rues de Pékin, cet art de la traduction approximative chinois -> anglais à de beaux jours devant lui en province pour le plus grand bonheur des touristes étrangers. Il y a deux types de Chinglish: le mal dégrossi, bourré de fautes d’orthographes (photo 1) et le poétique, fruit de la traduction trop littérale d’une langue bien plus imagée que l’anglais (photos 2 et 3).

Chinglish 1

Chinglish 2

No climbing over please cherish your life

Photo 3

Do not disturb - Tiny grass is dreaming

La ville chinoise.

Uniforme. Les villes chinoises sont uniformes. Partout, cette même désorganisation, ce même défaut d’esthétique, ce même béton, ces mêmes tours, ces mêmes barres, ces mêmes parcs du peuple, ces mêmes boulevards rectilignes, ces mêmes places centrales, ces mêmes centres commerciaux. Certes, objecterez-vous, les plus connues comme Beijing, Shanghai, Canton ou Nankin possèdent leur lot de lieux – temples, palais, parcs, promenades fluviales, collines, tombeaux, musées – particuliers et bâtiments de prestige. Mais la cité interdite ne parvient pas à cacher la verrue soviétique qu’est la place Tiananmen, tout comme la vieille ville cantonnaise ne reste après tout qu’une petit îlot perdu au milieu d’immenses ponts autoroutiers. Je ne parle même pas des autres villes, d’Urumqi, de Zhanjiang ou de Guilin… Cette pauvreté architecturale serait pardonnable si nous nous trouvions dans un pays construit sur une table rase (ou rasée préalablement) comme les Etats-Unis ou l’Australie mais elle ne l’est pas dans ce pays à l’histoire si riche qu’est la Chine. Folie des grandeurs communiste, influences soviétiques, soucis sécuritaire, appétit des promoteurs immobiliers et corruptions des cadres, tels sont les maux qui ont affecté et affectent l’urbanisme chinois, détruisant, petit à petit, tout particularisme. Quel gâchis !

Le culte du risque zéro

Les chinois n’aiment pas l’imprévu, et encore moins le risque. C’est en substance ce que nous ont expliqué nos amis chinois lorsque nous critiquions le formidable déploiement sécuritaire mis en place pour les festivités du 1er octobre. Au cours du voyage, dans les parcs et les musées, autour des monuments, de curieuses pancartes sont venu illustrer cette aversion.Take care water is 1.1 meters deep

Be careful, no falling

Be careful, no falling.

PS: Le Xinjiang n’a pas été traité dans ces deux articles. Mais le sera prochainement, avec un article pour lui tout seul !

Photos: Victor Karayan et Thomas Baïetto / Amphis d’@illeurs – Licence Creative Commons

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Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement les vues ou opinions de l'association Amphis d'@illeurs.

    1 commentaire

  • César dit :

    Article sympa, mais il en faudrait une dizaine d’autres pour décrire toutes les choses surprenantes rencontrées durant ces trois semaines de voyage!

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