L’Empire vu du Milieu: petite leçon de communisme (sans prétention)
Asie — par César Castelain le 2 mars 2010 à 15:25Après plus de six mois passés en Chine, je me rends compte que l’image qui en est diffusée en Occident est souvent, trop souvent, carricaturale. La visite de mes parents la semaine dernière et nos discussions m’ont fait sentir à quel point nos médias diffusaient des généralités par trop approximatives, quand ce n’est erronées. Certes ce qui va suivre contiendra sans doutes des approximations, des généralisations coupables -en une page, difficile d’être toujours exact- mais j’espère néanmoins révéler une part de vérité sur ce pays que finalement on connaît peu, ou que l’on connaît mal.
Par où commencer ? Décrire toutes mes impressions sur le pays ? Il me faudrait 300 pages. Plus simple et plus rapide : apprenons 12 mots de chinois, explorons 12 idées. Le choix des mots n’est pas innocent, on le sait tous, je sais que malgré mes efforts la vision de la Chine que je vais partager reste la mienne, j’espère néanmoins qu’in fine une image assez équilibrée aura été transmise.
Leçon n°1 : SECURITE
宣传 xuanchuan : propagande.
Où est-elle ? Partout. Sous quelle forme ? Toutes les formes. J’exagère ? Même pas. Dans le métro, le train, les gares, les aéroports, la télé, Internet, à l’école, en fac… elle est omniprésente.
Expérience n°1 : Prenez le métro de Pékin, dans chaque wagon six écrans TV qui vous passent en boucle des images de propagande assomantes, ressassant le même message du moment. Je suis arrivé à Pékin sans avoir vu la cérémonie d’ouverture des JO 2008, je peux aujourd’hui en parler comme si j’y étais… Des mois durant, chaque trajet me montrait des images du spectacle ! plus d’un an après ! Le Parti insistait tellement sur l’événement, comme pour se convaincre lui-même (en plus du touriste et du chinois) que la Chine était de retour sur la scène internationale. Oui je sais, tout est symbole. N’empèche, j’avais l’impression étrange que le temps s’était arrêté cette année-là ! Premier octobre on change de registre : Vive les 60 ans de la fondation de la République Populaire de Chine ! Mon sentiment étrange est confirmé : une affiche résume 60 années de révolution en 3 dates : « 1949, 1978, 2008 » (sic !), et pendant des semaines on a droit aux images de ces défilés place Tiananmen devant des milliers d’étudiants sollenels et figés. Sans parler des vidéos colorées d’une Chine très pluriethnique où toutes les minorités travaillent ensemble pour l’harmonie et la prospérité du pays, agitent des drapeaux… Attention, il ne faut pas en conclure que le Parti n’utilise que les grosses ficelles de la propagande, cette dernière fait aussi attention aux détails.
Expérience n°2 : Allumer un poste de TV chinois. Une grande partie des films, tous genres confondus, se déroule pendant la guerre, généralement contre les « Petits Japonais ». On y retrouve Mao et l’Armée. Les histoires d’amour n’échappent pas à la règle. Le reste rassemble des séries funky sur fond de Chine ancienne, émissions people, quelques films avec la police du peuple histoire de changer de l’armée, et deux trois films américains. Le JT commence par l’hymne national et toujours par ce que le premier dirigeant du pays a fait, puis le second.[1] Une urgence ? ça attendra.
Expérience n°3 : Allez dans un musée. Pas une institution qui n’offre un peu (beaucoup) de propagande. Musée de Mongolie Intérieure ? -Les Mongols sont les plus fervents révolutionnaires et ont toujours soutenu la mère patrie. Musée du Xinjiang ? -Le PCC respecte toutes les nationalités, protège leur diversité, promeut leurs cultures. (En fait, à part muséifier quelques vieux quartiers, l’essentiel est détruit, nié, sinisé). Mémorial de Genghis Khan ? Le bonhomme était chinois ! (sic). Mieux, par ses conquêtes, ce chinois a permis d’accélérer la culture en Europe.
Est-ce que ça marche ? Plutôt bien. Les esprits critiques existent (et pas qu’une poignée d’intellectuels), évidemment que tout le monde ne gobe pas tout, certains se doutent qu’on exagère, un peu… mais je pense que l’immense majorité des gens avalent quand même l’essentiel, même ou surtout involontairement, même et surout d’excellents étudiants[2]. Vous dites Tibetains ou Ouighours ? Des étudiants de grandes facs pékinoises vous répondent que ces peuples sont autonomes comme l’indique leur nom « région autonome du… ». Mao ? Des étudiants -pourtant critiques- vous annoncent que c’est la personne qu’ils admirent le plus. Démocratie ? Une invention de l’Occident qui ne correspond pas à la culture chinoise. Un dissident parle de Tiananmen ? Il ment. Taiwan ? Vous ne pouvez pas comprendre, vous n’êtes pas objectif, vous n’êtes pas chinois ! Toutes ces réponses, je les ai entendues. Toutes ces réponses, le Parti les enseigne depuis des années à la jeunesse. Et là où je pense que la propagande est efficace, c’est quand de jeunes gens étudiant dans les plus prestigieuses facs, ayant vécu à l’étranger, faisant preuve d’esprit critique, vous répondent une phrase apprise par cœur en pensant qu’elle leur est propre.
审查 shencha : censure.
Ce n’est pas ce que l’on ressent le plus dans la vie de tous les jours, enfin tant que l’on ne surfe pas sur la toile. Internet ? Le Parti a mis en place un système de contrôle très strict. On parle souvent de la nouvelle « Grande Muraille » -moins photogénique que l’ancienne, mais sûrement plus efficace. Dans les faits ça change quoi ? Le plus visible : pas d’accès aux réseaux sociaux tels que Facebook (FB), Twitter, sites de diffusion comme Youtube, les hébergeurs de blogs occidentaux… Moins visible mais essentiel : l’« harmonisation » de la toile. Harmoniser qu’est-ce que ça veut dire ? En chinois, cela signifie modifier, bâillonner, voire carrément supprimer l’élément qui rompt l’harmonie. On fait à peu près la même chose avec la société réelle.
Un cas qui m’est arrivé il n’y a pas plus de deux jours : sur un site de journalisme chinois de langue française, un article sur le succès des réseaux sociaux chinois depuis l’interdiction de FB. Dans les commentaires des lecteurs -à la fois français et chinois- la discussion à laquelle je prends part tourne autour de l’ouverture des chinois au reste du monde, la concurrence économique, la sécurité informatique. Rien d’anormal. Puis le débat prend un tour plus intéressant, les questions défilent : pourquoi censurer FB ? De quoi le PCC a-t-il peur ? Qui y gagne ? Qui y perd ? Quid de la liberté et de la justice ? Un internaute chinois va jusqu’à citer l’exemple de Taiwan. Résultats: après deux heures de discussion durant lesquelles je m’efforce de ne pas franchir la ligne jaune, le forum refuse soudain tous mes commentaires. Impossible d’accéder à mon espace membre, on me répond que mon adresse n’est pas dans le registre. Impossible de créer un nouveau profil -on me répond que mon adresse est déjà dans le registre. Ce qui me surprend le plus : qu’on nous ait laissé deux heures pour débattre. Ce cas n’a rien d’extraordinaire. Tous les jours, on efface des forums les commentaires jugés déplacés. Tout est encadré. Mieux, le Parti a décidé que les sites étaient responsables du contenu des commentaires publiés chez eux, par conséquent tous les sites « harmonisent » eux-mêmes leurs forums. Un zèle nécessaire s’ils ne veulent pas fermer.
Les chinois n’ont-ils aucun espace de liberté, aucune latitude ? Il faut nuancer. Je discutais il y a peu de cette question avec une amie chinoise, elle me répondait qu’elle ne se sentait pas en manque de liberté, ni sur la toile, ni dans la société. Certes elle savait qu’elle ne pouvait pas crier « A bas Hu Jintao ! » dans la rue, mais de toute façon elle aimait le gouvernement de son pays, pourquoi voudrait-elle le mettre à bas ? La majorité des chinois ne souffre pas de l’absence de FB ou Youtube : les équivalents (copiés) chinois y remédient. Tant qu’ils ne s’occupent pas de ce qui ne les regarde pas -la politique- les Chinois sont « libres » de s’amuser sur le net. Certes quelques voix critiques existent comme le jeune blogueur-écrivain-chauffeur de rallye-provocateur Han Han, lu par des millions de fans et que certains (pas tous) admettent comme un critique des pouvoirs en place, assez modéré dans sa critique toutefois pour ne pas devoir se taire. Quelques autres exemples existent. Plus sérieusement, les dissidents trop actifs, ceux qui s’occupent des problèmes les plus sensibles (droits de l’homme, politique, injustices, minorités…) ont de vrais problèmes : on se souvient de la Charte 08, dont pas mal des signataires ont subi des persécutions. Liu Xiaobo est en prison, et pour onze ans. De nombreux autres défenseurs des causes sensibles sont réduits au même silence, parfois définitif.
Et nous comment la vivons-nous ? Je voulais lire la Charte 08 il y a deux jours : tous les liens trouvés sur Google étaient censurés. Je cherchais des images sur une certaine place Tiananmen ? Toutes les images étaient remplacées par de beaux carrés blancs -trop minimalistes à mon goût. Le gouvernement choisit aussi quels livres seront ou non publiés, quels films seront ou non autorisés. Dieu merci, il existe toujours des moyens de surmonter cette Grande Muraille de l’Internet. Des amis chinois m’ont avoué regarder des films interdits, expliquant que cela était toléré pour une consommation personnelle. Mais c’est une bien petite minorité des internautes qui sent le besoin de trouver un proxy pour s’en aller promener sur les sites interdits d’un Occident aux intentions douteuses.
瞎猜疑 xia caiyi : Paranoïa
Le PCC nous flique. Tout est question de sensibilité. Des amis chinois ne se sentent pas spécialement observés. Personnellement, savoir que 8 caméras peuvent m’observer en même temps quand je lis dans la bibliothèque de ma fac, compter 11 caméras pour 11 portes d’une rame de métro (sans compter les caméras sur le reste de la plateforme), savoir que les installations à venir du métropolitain peuvent reconnaître un visage parmi les centaines de milliers de passagers… ça me fait réfléchir. On me répond que c’est pour la sécurité. Naturellement, vu que tout le monde passe son sac au rayon-X avant d’entrer dans le métro, il n’y a pas de grand risque de se faire aggresser, idem pour les attentats. Niveau sécurité, c’est top. Rien à voir avec notre métro parisien. 1-0 pour le PCC. Mais quid de la vie privée ? Qu’on mette la photo d’un criminel dans le système de recherche, très bien ! Mais dans un pays où penser est un crime…
On est aussi suivi à la trace : chaque hôtel vous demande votre passeport, pour enregistrer votre présence auprès de la police locale. Idem pour les déménagements : allez vous faire enregistrer immédiament, sous peine de voir la police débarquer chez vous, pas très contente. Pas grand-chose me dit-on, et puis c’est encore pour la sécurité du pays ? Certes, mais tous ces petits « pas grand-chose » ça finit par faire beaucoup. Pareil avec les organisations de sécurité démentielles pour les grands événements comme l’anniversaire des 60 ans de la RPC : un policier tous les deux arbres dans le centre de pékin ; à chaque carrefour bloqué, une vingtaine de personnes ! De quoi le PCC a-t-il peur ? (beaucoup de choses à mon avis).
Suis-je mauvaise langue ? Ce n’est pas mon but. Peut-on reprocher à un pays de vouloir assurer sa sécurité ? Non plus. Après tout, il ne cherche qu’à assurer l’harmonie du pays. C’est le mot d’ordre du moment : harmonie, harmonie, harmonie. N’empèche, je suis allé au Xinjiang [région à l’ouest de la Chine où ont éclaté des émeutes en juillet dernier NDLR], et voir l’armée garder les musées, placer des jeeps sur les places, la police défiler dans la rue en rang d’oignons, par groupes de dix, en tenue anti-émeutes, ça fait tout drôle. Etrange manière de promouvoir l’harmonie, à coups de crosse. Chacun son avis, mais comme disait Talleyrand : « On peut tout faire avec des baillonettes, sauf s’assoir dessus ».
Photos: César Castelain / Amphis d’@illeurs – Licence Creative Commons
[1] Cf. Philippe Massonnet, Pour en finir avec le miracle chinois, P. Picquier 2008,
[2] Une amie chinoise me faisait remarquer l’importance des matières portant sur le marxisme, Deng et le reste de la propagande dans la l’éducation et surtout le Gaokao [baccalauréat chinois NDLR], lequel est déterminant pour l’entrée en fac. Autrement dit les étudiants sont forcés de tout apprendre s’ils veulent accéder à l’université. Un échec dans ces matières et adieu les études supérieures. Des étudiants encore mieux conditionnés?
Tags: Censure, Chine, communisme, Paranoïa, Propagande, sécuritéAvertissement
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement les vues ou opinions de l'association Amphis d'@illeurs.




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6 commentaires
César, ton article est à la fois captivant, choquant et fascinant! Merci merci de nous faire découvrir toutes les facettes du terrain que l’on ne voit pas de là où nous sommes, à travers tes observations efficaces et passionnantes. On en redemande!!
Bonjour César,
merci pour ce bel article… J’espère toutefois que les 9 autres mots-clés seront plus joyeux, car si l’objectif était de montrer une autre image de la Chine que celle que nos médias occidentaux montrent chaque jour, je n’aurais pas choisi « propagande» , « censure» et « paranoïa» (ça me fait réviser mes hanzi cela dit) ! Mon expérience de la Chine m’inviterait à être plus nuancé.
Loin de moi l’idée d’encenser le PCC… car j’ai vécu sensiblement la même chose que toi : le matraquage médiatique sur les JO (avant et pendant en plus !), le traitement du Tibet par CCTV, l’impossibilité de discuter de politique avec la grande majorité des Chinois (et leur discours est parfois flippant !), la censure de mon blog perso avant Facebook et tout le reste (de mon temps, j’avais quand même eu accès à des photos du 4 juin 1989 en tapant Tian’anmen sur Google.fr), la vidéo-surveillance (enfin, ça existe en Europe aussi…) et les entretiens avec le « gong’anju» pour des problèmes de visa, de déménagement et de permis de séjour. Et l’expérience de la ségrégation au Xinjiang m’avait beaucoup marqué aussi.
Cela dit, on peut aussi voir les choses différemment, non pas en jugeant la Chine à l’instant T par rapport à nos modèles démocratiques, mais en observant les évolutions. Un journaliste qui avait été licencié il y a deux ans pour avoir critiqué la gestion du séisme au Sichuan avait répondu qu’il était heureux que la Chine soit plus libre qu’avant. En effet, il y a vingt ans, le même journaliste aurait été envoyé en prison sans que personne ne soit au courant ; aujourd’hui, on le laisse s’expliquer et il est « seulement» viré. Hier les dissidents étaient exécutés sommairement, aujourd’hui on fait un procès public (reste à voir les conditions comme le montre le cas de Lu Xiaobo !). Certains films sont censurés, mais on trouve des copies à chaque coin de rue pour moins d’un euro… Bref, les avancées sont faibles, lentes… mais il faut les noter.
Voilà, je suis globalement d’accord avec toi sur le fond, mais je n’appuierais pas que sur les points négatifs. J’ai hâte de lire la suite ; quels sont les mots-clés : KTV, baozi, voyages en train et ascension des montagnes sacrées?
@+ et profitez bien de la 3A tant que vous avez la chance d’y être !
V
@Athénaïs: merci, de mon côté j’attends avec impatience les prochains qui traiteront de la Malaisie! Les derniers étaient vraiment édifiants!
@Valentin: Pour les prochains mots-clés il y en a de toutes les couleurs, des transports à l’hospitalité en passant par l’écologie, le nationalisme, la gastronomie… Même si je suis un peu sévère, j’adore la Chine, n’en doutons pas.
Je sais bien que commencer par « propagande» « censure» et « paranoïa» n’est ni positif, ni un hasard: c’est une expérience quotidienne, qui plus est fortement ressentie ces deux dernières semaines. Et puis je voulait traité un thème uni.
Quant à l’évolution de la Chine, je reste perplexe. Certes beaucoup de choses changent, j’en ai conscience à chaque fois que je mets les pieds dehors et que je repense à la Chine d’il y a 30 ans, 20 ans, 10 ans et d’hier. Niveau de richesse, magasins, abondance, développement, vie culturelle, loisirs… Toutefois je ne peux me défaire de cette idée que dans le fond le cœur du système, lui, n’a pas changé ou a pris une direction guère mieux que la précédente. On est toujours avec un parti qui, s’il fait mine de desserrer un peu l’étau, redonne à chaque fois un tour de vis de l’autre côté. Bien sûr aujourd’hui les Chinois ont accès à internet, le téléphone, au monde extérieur. Ils ont la liberté de gagner de l’argent. Cette liberté est essentielle -il faut vraiment être aveugle et vivre dans un pays riche pour penser qu’elle est secondaire- mais elle sert aussi à mieux faire accepter les autres privations. On finit par se satisfaire de peu. Tu as peut-être lu Beijing Coma, de Ma Jian? On y retrouve assez cette idée. Je pense que le vrai problème c’est que, malgré toutes les évolutions, Mao règne toujours sur le cœur symbolique du pays, le Parti dirige toujours le pays d’une main de fer, les gens meurent toujours en prison (certains de torture?) et que le reste du Monde a un peu trop tendance à s’émerveiller des progrès faits par un « régime autoritaire» (changer l’appellation pour rendre plus fréquentable une « dictature» ). La Chine change beaucoup c’est indéniable mais j’ai un peu l’impression que les fondamentaux restent les mêmes, du moins depuis 1989. Peut-être une illusion. Peut-être pas. C’est assez dur de trouver le juste milieu dans le jugement: accepter de dire que la Chine évolue substantiellement me paraît être de l’aveuglement, affirmer le contraire me paraît l’être tout autant!
J’espère que les 5 mois restants (et peut être une année supplémentaire dans 18 mois^^) me permettront d’approfondir la question.
Je garde en tête ton commentaire pour les articles à venir.
Bonjour, my french is not perfect enough for replying to this post but I hope using English here won’t offend anyone.
Being a Chinese myself, I always find it fascinating how « happy» Chinese people are, despite of all the propaganda, censorship and injustice. People managed to live on, not complaining much. Maybe just as you said, Mao left a picturesque ideal for all. During my journalist years in China, I have met so many peasants living in sheer poverty but still praising the central government (they blame the local government for all kinds of problems) and « Chairman Mao» .
I hope during the rest of your study in Beida, you will get more chances to go to the countryside of China, where you will get to know the real Chinese people. I grew up in a big city and have lived in Beijing for many years. But if you ask me, does Beijing represent China? I would definitely say no. It might fit into the ideological image built throughout the years by the West, but it is a place where social values are too distorted by money (or perhaps just as anywhere else in China but just more severe), people too isolated by the Soviet style urban planning and identity too complicated by the influx of migrating population.
Bon chance, jeune homme!
J
@Joy: Hi Joy, for my part my French is OK but my English is not good, anyway I’ll use it to anwser you.
First, are you currently living in China?
Actually since I arrived to China in August 2009, I have been travelling for about 9 weeks throughout China, visiting famous and less famous places, from Hong Kong to Kashgar, via Inner Mongolia, Taiwan… I’m really interested in visiting popular places, countryside, as well as visiting modern China. When travelling, my purpose is to see by myself the reality of Chinese people’s life and… I am always struck by the huge gap between the citizens of wealthy cities such as Shanghai, Hong Kong and even Beijing, and the extreme poverty of rural China, without omitting problems of discriminations, social tensions… Consequently, even if I admire China’s economic growth, development… it is sometimes hard to be optimistic!
I know what you mean when you say that « so many peasants living in sheer poverty are still praising the central government [...] and « Chairman Mao»» . I was myself amazed by the great numbers of pictures of Mao Zedong present in public places, provincial buses and small shops, especially in the South of China around Guangzhou! This stark difference in the perception of Mao Zedong between Westerners and many Chinese is a lasting source of wondering!
I also agree with your statement about Beijing. Alas, more and more cities in China look like Beijing!
@ César : Oui, j’ai lu Beijing Coma et j’ai beaucoup aimé. J’ai trouvé cela fascinant (et terriblement déprimant !) de constater à quel point la jeunesse chinoise avait pu changer en une génération ! L’idéal de liberté et de démocratie qui animait les étudiants de 1989 a été remplacé par la soif exclusive de gagner de l’argent et de consommer.
La dictature est toujours là, je ne dis pas le contraire bien entendu. Et il y a des raisons d’être perplexe sur l’évolution future de la Chine. Je trouvais juste dommage de commencer ta présentation par cela puisqu’on n’entend que cela en France… et j’attends les mots positifs avec impatience !
Zaijian
V