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	<title>Amphis d @illeurs &#187; Amérique Latine</title>
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	<description>Le webzine de l&#039;aventure étudiante</description>
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		<title>La Colombie, une guérilla au paradis</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 07:30:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégoire Coudert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique Latine]]></category>
		<category><![CDATA[colombie]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est en se souvenant à ce à quoi vous pensiez avant de venir en Colombie que vous vous dites à quel point la société dans laquelle nous vivons est fausse. Non pas que nous sommes manipulés, ou que les médias nous mentent, mais bien au contraire, car eux-mêmes ne peuvent se rendre compte de ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;est en se souvenant à ce à quoi vous pensiez avant de venir en Colombie que vous vous dites à quel point la société dans laquelle nous vivons est fausse. Non pas que nous sommes manipulés, ou que les médias nous mentent, mais bien au contraire, car eux-mêmes ne peuvent se rendre compte de ce qu&#8217;est réellement la Colombie. Ils n&#8217;en n&#8217;ont pas les moyens, car il faut le voir pour le croire. Et pour le voir, encore faut-il s&#8217;y rendre&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce qui peut pousser un homme à aller vivre dans un pays du Tiers-Monde ? Ou plus encore, quelles peuvent être les motivations d’un étudiant pour suivre ses études pendant toute une année en Colombie ?</p>
<p style="text-align: justify;">« Comment ? En Colombie ? Mais tu es vraiment fou…  Tu n’as pas peur ? » Telles ont été les réactions lorsque j&#8217;ai appris à mes proches (et moins-proches) que je partais vivre une année entière en Colombie.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que la Colombie peut préoccuper, effrayer, intimider, mais de là à en avoir peur&#8230; Il serait vraiment stupide de laisser passer une occasion comme celle qui se présente à un étudiant pour étudier en Colombie, et de surcroît à Bogota, la capitale.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu&#8217;on parle de la Colombie, on pense immédiatement à la guérilla qui sévit, au narcotrafic, à la criminalité et à Pablo Escobar. Mais sachez que la Colombie est avant tout un pays qui se développe. J&#8217;utilise souvent l&#8217;expression : &laquo;&nbsp;un pays qui prend son envol&raquo;&nbsp;, car j&#8217;en suis certain, dans dix ans, la Colombie n&#8217;aura plus le même visage. Il suffit d&#8217;aller sur la côte atlantique, et notamment à Carthagène afin de se rendre compte que la Colombie n&#8217;en est qu&#8217;au début de son essor économique, politique et culturel.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, ne nous méprenons pas, il y a cinq ans, il était encore impossible de traverser le pays en voitures, de prendre le bus, de se promener seul dans la rue le soir. Mais ceci a bien changé, notamment grâce à l&#8217;arrivée du Président de la République Colombienne Alvaro Uribe, qui certes, a des défauts, mais qui a apporté un grand nombre de changements à la Colombie. Certains diront que ce sont des changements bénéfiques à la Colombie, d&#8217;autres diront que ces changements peuvent nuire à la Colombie. Et puis les plus modérés diront qu&#8217;il y a un peu des deux.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais malgré cette guérilla, malgré cette peur que nourrissent les étrangers, mais aussi et surtout les colombiens, la Colombie n&#8217;en reste pas moins un pays à surprises, qui ne cessera d&#8217;étonner. Que penser d&#8217;un pays qui connaît aussi bien les richesses que les pauvretés (Côte Atlantique / Côte Pacifique), le froid comme le chaud, le beau comme le laid. Il serait inapproprié de parler du mal et du bien, mais il est vrai que ce pays qui fait parti de ceux qui ont les plus belles plages au monde, qui est un pays à opportunité, réserve aussi des mauvaises surprises, et a bien des côtés obscurs&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce qui reste gravé dans votre esprit et dans votre coeur reste toutes les merveilles de la Colombie qui sont à découvrir à chaque instant vécu. Tout est à prendre, et rien n&#8217;est à laisser.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/40577859@N07/4127358791/" target="_blank">Grégoire Coudert</a> / Amphis d&#8217;@illeurs &#8211; Licence Creative Commons</strong></p>
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		<title>Yo tengo poder, yo voto : &#171;&#160;J&#8217;ai le pouvoir, je vote&#187;&#160;</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Oct 2009 12:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marion  Muscat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique Latine]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[Eduardo Frei]]></category>
		<category><![CDATA[elections présidentielles]]></category>
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		<category><![CDATA[politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce début septembre fut riche en évènements politiques au Chili: après les commémorations annuelles du coup d’Etat du 11 septembre, ces dernières semaines ont marqué le début de la campagne pour les élections présidentielles qui auront lieu début décembre, en même temps que les législatives.
Première date clé dans cette entrée dans la course pour la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Ce début septembre fut riche en évènements politiques au Chili: après les commémorations annuelles du coup d’Etat du 11 septembre, ces dernières semaines ont marqué le début de la campagne pour les élections présidentielles<span> </span>qui auront lieu début décembre, en même temps que les législatives.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Première date clé dans cette entrée dans la course pour la présidence, le 13 septembre. Depuis mon arrivée au Chili, cette date était placardée dans tout Santiago, et répétée par des vedettes du petit écran, dans le cadre de la campagne « <em>Yo tengo poder, yo voto</em> » (<em><strong>J’ai le pouvoir, je vote</strong></em>): inscris toi sur les listes électorales. En effet, la question de l’inscription sur ces listes est une bizarrerie du système chilien: L’inscription n’est ni<span> </span>obligatoire ni automatique, mais une fois inscrit, il est obligatoire, sous peine d’amende, de se rendre aux urnes pour toutes les élections suivantes. Ceci explique qu’un chilien sur quatre n’est pas inscrit. Parmi ces inscrits, les moins de 30 ans représentent à peine 10%. Ce sont eux la cible de cette grande campagne menée par le gouvernement de <strong>Michelle Bachelet</strong>, qui n’a malheureusement pas eut les effets escomptés. La nouvelle génération, ayant grandi après la dictature, ne perçoit pas le prix de la démocratie, et ne voit dans cette inscription qu’une démarche longue (tout le monde s’y étant pris le 13 dans l’après-midi), pénible et surtout inutile.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">En effet, au delà des raisons pratiques et institutionnelles, la qualité de l’offre politique explique cette très faible mobilisation. Tous les chiliens vous expliqueront que le pouvoir est toujours aux mains des mêmes, en qui ils n’ont aucune confiance&#8230;En effet, un rapide coup<span> </span>d’œil à trois des principaux candidats à la présidentielle suffit pour observer<span> </span>ce phénomène d’oligarchie et de dynastie politique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Marco Enriquez Ominami</strong>, en troisième position dans les sondages, est un ancien du parti socialiste. Le PS faisant partie de la concertation, « MEO », comme disent les jeunes, se présente comme candidat indépendant. Bien que donnant un coup de jeune à la politique chilienne, il ne fait pas moins parti de la « reproduction politique » chilienne: il est le fils de Marco Enriquez, fondateur du MIR, le fameux mouvement de la gauche révolutionnaire, et pour cela une des personnalités historiques les plus importantes de la gauche chilienne. Ominami, son père adoptif, est quant à lui sénateur pour le parti socialiste.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Eduardo Frei</strong> est le candidat de la Concertation, cette drôle de formation politique qui a toujours été au pouvoir depuis la fin de la dictature, et qui réunit le PS, la démocratie chrétienne, à laquelle il appartient, et deux autres partis de centre-gauche. Il a déjà été président entre<span> </span>1994 et 2000, et son père, un autre Eduardo Frei, fut président du Chili de 1964 à 1970.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sebastian Piñera</strong> est le candidat de la droite libérale, extrêmement conservatrice sur les sujets de société, mais ultra-libéral sur le plan économique. Contrairement à ses deux compétiteurs, la famille de Piñera n’a rien d’une dynastie politique, mais il vient d’une autre sorte d’élite, l’élite économique : président de la chaine principale du pays, Chilevision, actionnaire principal de LAN Chile, la compagnie aérienne nationale, il est devenu milliardaire<span> </span>en introduisant les cartes de crédit au Chili, à l’époque de la dictature.</p>
<p style="text-align: justify;">Dernière date politique importante de ce mois de septembre, le premier débat télévisé, qui a eu lieu mercredi 23. Si personne ne semble en sortir gagnant, Piñera, jusque là le candidat de loin le mieux placé dans les sondages, s’est montré très nerveux pendant tout le débat, face aux références récurrentes de Frei à un rapport de l&#8217;ONG Transparency International mentionnant une probable implication de Piñera dans une affaire de délit d’initié. La défense de l’homme d’affaires s’est révélée peu convaincante, et son allocution finale, réponse à la question « Pourquoi voulez vous être président ? », plutôt drôle : après quelques tirades sur le thème, « Je pense avoir compris ce que le peuple chilien veut », il a ajouté<span> </span>« Je n’ai jamais été président, et je n’ai même jamais fait parti d’un gouvernement. Frei l’a déjà été, vous lui avez donné sa chance, donnez moi la mienne maintenant !», sur le ton d’un jeune enfant demandant quand va être son tour!<span> </span>Autres conclusions de ce débat selon les chiliens et la presse : Frei s’est comporté comme s’il était encore<span> </span>président, Enriquez-Ominami en rebelle romantique. Finalement, de l’avis général, c’est <strong>Arrate</strong>, le candidat communiste, qui a fait la meilleure impression, se montrant ferme, poli et rigoureux: Il passera sans doute de 1 à 2% d’intentions de vote …</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Ce premier débat n’a changé que peu de choses dans les sondages : Piñera reste le plus probable futur occupant de la Moneda.<span> </span>Mais il reste deux mois et plusieurs grands débats avant le fameux scrutin. La suite, donc, au prochain épisode.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>Photo : </strong>Campagne de publicité du gouvernement chilien</p>
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		<title>FLY WITH US!</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 06:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rahel Demant</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique Latine]]></category>
		<category><![CDATA[arrivée]]></category>
		<category><![CDATA[Buenos Aires]]></category>
		<category><![CDATA[développement économique]]></category>
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		<description><![CDATA[Le débarquement à Buenos Aires, dans la nuit, comme moi je l’ai vécu, est sublime. Les lumières de la ville s’étendent jusqu’à l’horizon et font du vol une expérience inoubliable.
Comme convenu, José Ortiz, le fondateur de l’organisation étudiante de Buenos Aires vient me chercher à l’aéroport de Buenos Aires. Durant tout le trajet vers le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le débarquement à Buenos Aires, dans la nuit, comme moi je l’ai vécu, est sublime. Les lumières de la ville s’étendent jusqu’à l’horizon et font du vol une expérience inoubliable.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme convenu, José Ortiz, le fondateur de l’organisation étudiante de Buenos Aires vient me chercher à l’aéroport de Buenos Aires. Durant tout le trajet vers le centre de la capitale de l’Argentine, les raisons et le long processus d’inscription, nécessaire pour ma venue à Buenos Aires, me passent par la tête.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi suis-je venu? Mon objectif, qui se trouve également dans ma lettre de motivation, est naturellement, et tout d’abord, d’améliorer mon espagnol, et deuxièmement, de satisfaire mon grand intérêt pour le développement économique des pays en voie de développement. Plus particulièrement, je m’intéresse à la situation des jeunes entreprises en Amérique latine par rapport à celle des start-ups dans l’Union Européenne.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon premier contact est Emiliano Saavedra dont j’ai fait la connaissance pendant une des nombreuses soirées portenos. Il est &laquo;&nbsp;Creative Director&raquo;&nbsp; chez Mirabilia (http://mirabiliaudiovisual.com.ar/), une entreprise qui offre des web design motion graphics et interactive web animation.</p>
<p style="text-align: justify;">Le jour suivant, nous nous sommes donnés rendez-vous dans un café mal connu proche d’un grand shopping &laquo;&nbsp;d’Alto Palermo&raquo;&nbsp;.  Emiliano a 25 ans, a étudié &laquo;&nbsp;Sciences of communication&raquo;&nbsp;, est bilingue italien et espagnol, n’a pas de difficultés en anglais, porte t-shirts et jeans de façon très décontractée et ne ressemble pas du tout à un businessman qui passe ses week-ends à travailler et à améliorer sa propre entreprise à coté de son travail de consulting en semaine.</p>
<p style="text-align: justify;">A mes premières questions, Emiliano ne répond pas autrement que ce qu’un collègue européen n’aurait fait. Pourquoi fonder une entreprise et que signifie  &laquo;&nbsp;être un entrepreneur&raquo;&nbsp; ? Peut-il donner des conseils pour d’autres jeunes entreprises ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les raisons de la création de son entreprise sont l’indépendance et la liberté personnelle et professionnelle, le fait d’être le créateur de la grande machine et pas seulement la roue. “Fly with us”, la maxime de Mirabilia exprime ce souhait, ou plutôt, ce rêve. Cependant, les inconvénients sont le stress, le risque élevé de faillite et le poids de la responsabilité mais le développement d’une passion qui aide à tenir bon peut aider tout entrepreneur.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, ce qui m’intéresse le plus : y-a-t il des différences, des difficultés particulières pour un entrepreneur argentin par rapport à un français?</p>
<p style="text-align: justify;">A son avis, non. L’internet fonctionne partout de la même manière, et il ne voit pas de différences particulières, seulement l’avantage du prix.</p>
<p style="text-align: justify;">Là, personnellement, je ne suis pas d’accord. Les différences se voient d’un seul coup d’œil. L’internet ici fonctionne plutôt par hasard que régulièrement et de manière fiable. Dans une entreprise, même si l’avantage du prix, qui est assuré par les petites structures de Mirabilia, est important, on doit toujours pouvoir faire confiance à la technologie avec laquelle on travaille.</p>
<p style="text-align: justify;">Au fil de mes questions, il n’y en a qu’une seule à laquelle Emiliano répond clairement d’une autre manière que les jeunes entrepreneurs européens : chacun peut-il fonder une entreprise?</p>
<p style="text-align: justify;">Je me serais attendue à oui, c’est-à-dire que chacun dispose des mêmes moyens pour faire sa fortune. Pourtant, Emiliano reconnait que certaines circonstances facilitent les choses. Sans son grand réseau familial qui sert d’intermédiaire et aide beaucoup à trouver des nouvelles commandes, l’entreprise n’aurait pas pu s’établir et agir de manière indépendante comme elle le fait maintenant.</p>
<p style="text-align: justify;">En résumé, même si je n’ai pas pu trouver de réponse importante à ma question principale : quelles difficultés particulières ont les entreprises en Amerique latine ; derrière toute réponse, j’ai pu découvrir des pièces de la culture argentine.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi par exemple l’indépendance est-elle si importante pour lui et se répète dans toutes les réponses de l’interview ? C’est, d’après Emiliano, parce que les jeunes argentins vivent jusqu&#8217;à l’âge de 30 ans chez leurs parents. De là vient alors le grand esprit fondateur argentin…</p>
<p style="text-align: justify;">De surcroît, ses origines italiennes, typiques pour les Portenos (population immigrée de l’Europe et d’une grande partie de l’Italie), et ses connaissances du français, de l’anglais et de l’italien laissent Emiliano rêver d&#8217;opportunités de coopération, tout d’abord avec l’Italie puis, encore plus lointain, d’une expansion sur tout le continent européen..</p>
<p style="text-align: justify;">Bonne chance !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/sebastian-silva/3206075415/" target="_blank">Sebastián-Dario </a>/ Flickr – Licence Creative Commons</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>ERRATUM : contrairement à ce qui était indiqué précédemment, l&#8217;auteur de l&#8217;article n&#8217;est pas Guillaume Fleury, qui est responsable de notre zone Amérique Latine. FLY WITH US! a été écrit par Rahel Demant. Toutes nos excuses pour cette erreur.</strong></p>
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		<title>Les chiens de Valparaiso</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 08:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Ruben</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique Latine]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[Valparaiso]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a partout dans la ville des chiens perdus. A chaque feu, devant chaque maison et sur chaque place, les cabots écrivent l’histoire de Valparaíso dans le grand livre de la rue. Ces chiens ont depuis longtemps abandonné tout maitre, ou peut-être est-ce le contraire. Et s’ils devaient toutefois avoir une laisse, c’est la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il y a partout dans la ville des chiens perdus. A chaque feu, devant chaque maison et sur chaque place, les cabots écrivent l’histoire de Valparaíso dans le grand livre de la rue. Ces chiens ont depuis longtemps abandonné tout maitre, ou peut-être est-ce le contraire. Et s’ils devaient toutefois avoir une laisse, c’est la ville elle-même qui serait à l’autre bout de la corde. Les chiens sont comme leur cité : crasseux, insoumis, désordonnés, impétueux.  Situé sur la côte ouest du Chili, Valparaíso est un port couronné de mille maisons faites de bric et de broc, de <em>cerros</em> colorés. Mais, bien au delà, Valpo est l’immense royaume des chiens errants. Il est cependant d&#8217;ores et déjà inutile de jouer le refrain d’une « ville pas comme les autres ». Les chiens, presque partout en Amérique du sud, font partie du décor. Ils sont la mosaïque mouvante de l’urbain latino.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces chiens semblent libres mais ce sont pourtant bien des condamnés. Enfermés dehors, les sales cabots ont déçu leurs maitres. Certains se sont fait renverser, d’autre étaient devenus un poids pour des familles trop pauvres. Peu importe finalement, car tous se sont retrouvés à la rue. Et si quelques fourgons de la brigade canine sillonnent les artères de Valparaíso, ils n’ont pour seul but que d’emmener ces chiens à la mort. La piqure pour les plus chanceux, une agonie pure et simple pour les empoisonnés. Il est alors étonnant de noter l’ambigüité de la relation de l’homme à son supposé fidèle compagnon. Réduits à devenir des voleurs de poissons et des quémandeurs d’os à ronger, les chiens n’ont peut-être jamais été aussi dépendants qu’une fois lâchés par leurs maîtres. Cette dépendance, justement, est sale et ingrate. Les chiens, pour être tout à fait complet, ne sont brossés que par le regard méprisant, condescendant ou craintif des passants. Bref, voilà ce qu’on appellera une vie de chien. Un jour, les cabots se rebelleront.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout commencerait insidieusement. D’abord, les chiens s‘organisent. En une semaine, chaque avenue, chaque rue, chaque croisement est sévèrement gardé par une meute. Les mâtins deviennent peu à peu les multiples têtes d’un même cerbère. Néanmoins, cette immense entité canine n’a pas pour but de protéger les Enfers mais bien de les reconstituer sur terre. La mythologie forgée par les hommes est réécrite par les chiens, la symbolique est forte. Ensuite, la tension monte. La nuit, les aboiements se font plus puissants, témoins d’une volonté commune à des milliers de canidés. C’est à ce moment là, et là seulement, que les premiers hommes commencent à se rendre compte de l’inédite situation. La cacophonie canine qui rythme le reggaeton du quotidien semble s’être muée en un hymne barbare charriant la terreur et la rage dans l’univers humain.</p>
<p style="text-align: justify;">Au matin, chaque habitant de Valparaíso prend conscience du bouleversement. La rue ne leur suffit plus et les chiens sont désormais prêts à entrer dans les maisons. Le siège a commencé. Femmes et hommes tentent bien d’organiser un semblant de résistance mais il est trop tard. Impossible de faire quoi que ce soit sans éveiller l’attention aiguisée de bâtards venus maintenant de tout le continent. Dans le pays la rumeur se répand et peu à peu une puissante panique emporte les hommes qui d’un même élan gigantesque et lâche fuient leur terre sans rien emporter avec eux. Aucun ne prend la direction de la ville occupée. Pas de mains tendues, que des crocs acérés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le jour, les chiens attendent. Ils se contentent d’observer leurs proies et entretiennent la peur comme la plus précieuse des flemmes. Mais la nuit… La nuit tout change. Les lumières artificielles se font timides et la lune donne aux corps des aspects si confus que les hommes ne se reconnaissent plus. Le trouble est si profond que l’on a, nuit après nuit, de plus en plus de mal à distinguer les hommes des chiens.  Et les ténèbres eux-mêmes se déchirent lorsque dans un synchronisme terrible les parias font monter leurs aboiements jusqu’aux étoiles. Alors les génuflexions s’enchainent mécaniquement dans tous les <em>cerros</em> de la ville. Chacun s’adresse à un ciel pourtant déchiré par la puissance des grognements venus d’en bas. Dans les vapeurs de la nuit, l’effroi semble désormais le seul élément solide réglant les comportements humains.</p>
<p style="text-align: justify;">Un mois est passé et les ombres ont tant tremblé que certaines maisons se sont effondrées. Des hommes ont franchi le Styx de leur perron et se sont brisé les os sous les crocs de chiens affamés. Des femmes ont pleuré. Des enfants sont morts. Le canin empire s’enracine dans les cendres de la toute puissance humaine. Aux yeux des hommes, Valparaíso est devenu un amas de merde et de désespoir. La belle hétaïre d’autrefois, amante des marins aventuriers, est devenue une ville fantomatique dont les rares contours encore visibles n’inspirent que dégoût et répulsion. Mais pour les chiens, l’apparent saccage relève de la construction méthodique d’un vaste territoire parfaitement organisé. L’ordre canin façonne désormais les collines de Valparaíso. Les sirènes des bateaux se sont tues offrant un océan de silence à l’hymne des bâtards nés de la rue.</p>
<p style="text-align: justify;">De Valparaiso les chiens sont à la fois l’ombre et la lumière. Eux qui n’étaient que vétille dans la trépidante et légendaire histoire de la ville sont devenus l’histoire elle-même. Ils sont ainsi le poète qui scande et celui qui grogne. Les chiens de Valpo sont laids, les chiens de Valpo sont beaux. Il y a partout dans la ville des chiens. Mais ceux-ci, dorénavant, ne sont plus perdus.</p>
<p style="text-align: justify;">Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/joselitotirados/398736632/">Josélito TIRADOS</a> / <strong>Flickr &#8211; Licence Creative Commons</strong></p>
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		<title>Journaliste à l&#8217;étranger: une poétique de la différence culturelle</title>
		<link>http://www.amphisdailleurs.com/2009/07/15/journaliste-a-letranger-une-poetique-de-la-difference-culturelle/</link>
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		<pubDate>Wed, 15 Jul 2009 11:15:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Audrey Jougla</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique Latine]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[Diario ciudadano]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>

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		<description><![CDATA[La destination de ma troisième année n’avait rien d’un hasard, puisque l’Argentine était le seul pays qui cristallisait mystères et fascination à mes yeux, et ce, depuis plusieurs années. La leçon majeure que les étudiants retiennent souvent de leur année d’échange a souvent trait à la différence culturelle, son interprétation, son dépassement, son entendement ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La destination de ma troisième année n’avait rien d’un hasard, puisque l’Argentine était le seul pays qui cristallisait mystères et fascination à mes yeux, et ce, depuis plusieurs années. La leçon majeure que les étudiants retiennent souvent de leur année d’échange a souvent trait à la différence culturelle, son interprétation, son dépassement, son entendement ou bien son rejet. Or, je peux affirmer grâce au recul temporel qui me sépare de cette année, que ce ne fut pas mon année universitaire qui m’apprit vraiment la place et le rôle d’un clivage culturel, mais bien plus les deux années qui ont suivi et durant lesquelles j’ai eu la chance de pouvoir exercer la profession de journaliste au sien de la rédaction d’un quotidien.</p>
<p style="text-align: justify;">Embauchée pour travailler aux pages internationales du journal <em>Diario Ciudadano</em> – journal dont la particularité était justement l’accent mis sur la section internationale – j’avais écarté l’éventualité d’un fossé d’incompréhension. Mon apparente confiance n’offrait en filigrane qu’un certain orgueil, malheureusement trop courant chez les étudiants qui se sentent enrichis par un an d’expérience à l’étranger : je m’étais bien hâtivement jugée « experte en mœurs et en culture argentines », jugeant que mes voyages, mes rencontres et mes habitudes avaient pratiquement fait de moi une Argentine. Risible erreur ? Grave préjugé ? L’humilité fait souvent défaut dans ce genre de situation. En quelques semaines, l’enseignement que me donna le journal comme mes collègues fut de me montrer que l’on peut dominer la langue aussi bien voire mieux que les habitants, que l’on peut aimer un pays au plus profond de son âme au point de vouloir s’y intégrer, et que l’on n’est pas pour autant protégé d’un différend culturel. Car tel était l’enjeu : que le différent ne devienne pas un différend et que j’y sois tout sauf indifférente !  Bien plus qu’un travail de journaliste de presse écrite, ma tâche consistait en réalité à voir l’actualité internationale à travers mon prisme d’européenne ou de française, puis à voir ces mêmes faits à travers celui de mes collègues, eux-mêmes se mettant déjà à la place du lectorat, pour enfin saisir les aspects pertinents que eux n’auraient pas vu et retranscrire le tout avec des concepts compréhensibles et surtout parlants au lectorat.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Tel était l’enjeu : que le différent ne devienne pas un différend et que j’y sois tout sauf indifférente ! </em></p>
<p style="text-align: justify;">Comment expliquer l’enjeu de la sécurité sociale et le débat autour de son déficit à un lectorat qui ne connaît que les mutuelles privées ? Recontextualiser, partir de l’historique, donner des chiffres, comparer, exposer les arguments opposés. Plus subtil : comment définir les idéologies des parties politiques de France et d’Angleterre ? Aucune comparaison n’est alors possible avec les partis nationaux et il ne convient pas de verser dans de la théorie non plus. Sans oublier que des « marronniers » comme la fête des mères au mois de mai en Europe, ou la rentrée des classes en septembre peut susciter presqu’autant d’intérêt que le festival de Cannes. Simplement parce qu’en septembre le printemps argentin bat son plein et une ambiance de pré-vacances se fait sentir, que Monsieur tout le monde planifie ses vacances estivales et que l’inadéquation saisonnière est souvent oubliée par les médias nationaux. Or, celle-ci conditionne une grande part des comportements de consommation ou de l’importance donnée au calendrier politique de telle ou telle région. Ces quelques exemples pour vous montrer que le tact et la mobilisation permanente de différentes paires d’yeux et d’oreilles étaient en réalité les clefs indispensables à la rédaction de mes articles. Au vu de mes premières semaines, j’avais donc proposé au directeur du journal de créer une rubrique à cet effet : exposer un thème typiquement européen ou français, qu’il s’agisse de culture, d’innovation, de recherche, de coutume ou de mécanisme politique ou économique, en comparant avec les notions ou les réalités argentines. Cette chronique a finalement eu la résonnance que j’espérais en donnant une vraie valeur ajoutée à la section internationale, et indirectement au journal. Mais elle m’a surtout beaucoup appris dans ce difficile exercice qu’est ce que j’appelle le « pont culturel » : construire un passage inédit dans le but de <em>mettre à la portée de l’Autre</em> un nouvel angle de vue, une perspective non envisagée jusqu’alors. Voir avec les pupilles d’autrui pour mieux voir ensuite avec les siennes, en quelque sorte.  Une véritable poétique de la différence culturelle, non ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Articles disponibles sur: <a href="http://www.ciudadanodiario.com.ar/">http://www.ciudadanodiario.com.ar</a></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo: Logo du Diario Ciudadano (capture d&#8217;écran du site internet du journal).</strong></p>
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