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	<title>Amphis d @illeurs &#187; Pékin Express</title>
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	<description>Le webzine de l&#039;aventure étudiante</description>
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		<title>Se baigner dans le Lac Baïkal ou l&#8217;hydrocution inversée !</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 09:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Baïetto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pékin Express]]></category>
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		<description><![CDATA[Outre son caractère sauvage et désolée, l&#8217;attrait de l&#8217;île d&#8217;Olkhon réside dans le fait que l&#8217;on se retrouve au beau milieu du lac. Je ne pouvais évidemment pas la quitter sans m&#8217;y baigner. Encouragé par une première tentative réussie &#8211; quoique courte &#8211; sur la rive orientale de l&#8217;ile, par un temps plus que mitigé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Outre son caractère sauvage et désolée, l&#8217;attrait de <strong>l&#8217;île d&#8217;Olkhon</strong> réside dans le fait que l&#8217;on se retrouve au beau milieu du lac. Je ne pouvais évidemment pas la quitter sans m&#8217;y baigner. Encouragé par une première tentative réussie &#8211; quoique courte &#8211; sur la rive orientale de l&#8217;ile, par un temps plus que mitigé et à l&#8217;issue d&#8217;une longue et usante sortie en VTT, je décidais d&#8217;y retourner une seconde fois, bien décidé à rester dans l&#8217;eau plus d&#8217;une minute.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette fois-ci, il faisait un temps superbe et je me trouvais de l&#8217;autre côté, sur la rive occidentale. Appelée la petite mer, cette partie du lac est coincée entre l&#8217;île et la berge. Par conséquent, elle est réputée plus propice à la baignade parce que plus chaude. C&#8217;est évidemment relatif: il ne faut pas oublier que <strong>les eaux du lac ne dépassent jamais les 15 degrés</strong>. Toutes les conditions étaient donc réunies pour une vraie baignade, un peu plus longue que la précédente.</p>
<p style="text-align: justify;">Après les précautions d&#8217;usages pour éviter l&#8217;hydrocution, je me glisse entièrement dans l&#8217;eau. Et en ressors immédiatement ! Je répète l&#8217;opération deux fois avant de parvenir à y rester. Pour ce faire, il est indispensable de faire abstraction des poignards glacés qui semblent me transpercer le corps. Heureusement, le contact du sable sous mes pieds est d&#8217;une douceur réconfortante. Je décide de nager pour me réchauffer et commence à me diriger vers le &laquo;&nbsp;large&raquo;&nbsp;. Pas franchement d&#8217;humeur aventurière, je fais rapidement demi-tour et là, je commence à regretter de m&#8217;être éloigné. En effet, <strong>mes bras et mes jambes sont comme engourdis</strong> et j&#8217;éprouve des difficultés à les mouvoir pour nager. Le fond n&#8217;étant pas loin, je choisis de le toucher et me mets à marcher pour rejoindre la plage. Je me sèche rapidement et me rhabille, pensant trouver réconfort dans ma chaude polaire. Une étrange sensation m&#8217;envahit alors. Tandis que ma peau se réchauffe progressivement sous l&#8217;effet de mes vêtements, je demeure glacé à l&#8217;intérieur. Le mélange de ces deux sensations est très désagréable et je ne tarde pas a me sentir mal.</p>
<p style="text-align: justify;">Un couple suisse que nous avions croisé à Irkoutsk nous avait expliqué qu&#8217;il fallait se méfier de la différence de température entre l&#8217;eau et l&#8217;air. Je ne soupçonnais pas que cela valait également pour la sortie de l&#8217;eau. L&#8217;hydrocution &laquo;&nbsp;inversée&raquo;&nbsp; me semble la meilleure formule pour décrire cette étrange sensation, qu&#8217;une bonne douche bien chaude a su faire disparaitre!</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo</strong>: <a href="http://www.flickr.com/photos/40577859@N07/3892528080/in/set-72157621853567491/">Etienne</a> / <strong>Amphis d&#8217;@illeurs &#8211; Licence Creative Commons</strong></p>
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		<title>Sur l&#8217;île d&#8217;Olkhon: Nikita&#8217;s Homestead, le bistro français et le tourisme.</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Sep 2009 07:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Baïetto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pékin Express]]></category>
		<category><![CDATA[île d'Olkhon]]></category>
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		<category><![CDATA[lac Baïkal]]></category>
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		<description><![CDATA[Adossée au lac, tout au bout de la prospekt Lenina se situe la pension de l&#8217;homme par qui le tourisme est arrivé sur l&#8217;île, Nikita (&#62; Nikita&#8217;s Homestead). Champion de ping-pong dans une autre vie, il est maintenant à la tête du repaire de voyageur préféré du Lonely Planet en Sibérie. Nikita&#8217;s homestead, c&#8217;est une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Adossée au lac, tout au bout de la prospekt Lenina se situe la pension de l&#8217;homme par qui le tourisme est arrivé sur l&#8217;île, Nikita (&gt; Nikita&#8217;s Homestead). Champion de ping-pong dans une autre vie, il est maintenant à la tête du repaire de voyageur préféré du Lonely Planet en Sibérie. Nikita&#8217;s homestead, c&#8217;est une dizaine de bâtiments, tous en bois, à l&#8217;intérieur desquels on trouve plusieurs réfectoires, quelques banias &#8211; les bains traditionnels russes -, des douches en extérieur, des toilettes sommaires (i.e sans eau courante) et &#8230; <strong>un bistro français</strong>. Étant donne l&#8217;absence &#8211; logique &#8211; de vie nocturne à Khoujir, ce minuscule café qui proclame fièrement &#8211; et en trois langues s&#8217;il vous plaît &#8211; &raquo;&nbsp; Notre chef vient de Paris&raquo;&nbsp; est &laquo;&nbsp;The place to be&raquo;&nbsp; le soir. A la carte, les plats français proposés sont au nombre de trois: la quiche lorraine, le poulet de l&#8217;île de la Réunion et le cari de boeuf de la Réunion. Autrement dit, la Réunion mise a part, la cuisine française s&#8217;exporte difficilement à Khoujir ! En ce qui concerne les vins, si les noms sont bien français &#8211; Chardonnay, Muscadet -, nous les devons en réalité aux vignobles russes. La serveuse, française, nous prévient d&#8217;emblée que notre muscadet vient de &#8230; Krasnoïarsk. Pas sur qu&#8217;elle prenne le soin de le préciser aux clients non-français !</p>
<div id="attachment_695" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG00771.JPG"><img class="size-medium wp-image-695" title="Notre chef vient de Paris" src="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG00771-300x225.jpg" alt="Paris, marque reconnue, même à Khoujir !" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Paris, marque reconnue, même à Khoujir !</p></div>
<p style="text-align: justify;">Au delà du leadership du bistro français sur la nuit de Khoujir, toute l&#8217;activité touristique semble s&#8217;organiser autour de <strong>Nikita&#8217;s homestead, véritable ministère du touriste</strong> d&#8217;Olkhon. Ainsi, même si nous dépendons directement de cette pension &#8211; c&#8217;est chez eux que nous avons réglé les 4 nuits passées sur l&#8217;île -, nous n&#8217;y logeons pas directement. Lorsqu&#8217;il affiche complet, Nikita fait en effet appel aux habitants du village pour accueillir les touristes. De fait, sur les 200 touristes (estimation personnelle qui vaut ce qu&#8217;elle vaut) de Khoujir, les 3/4 sont chez Nikita et assimilés.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, il faut reconnaître que si Nikita a tout l&#8217;air du parfait monopoleur, le développement du tourisme sur l&#8217;île est mené de façon responsable et ne la défigure pas. Les logements dédiés à cette activité ne diffèrent guère des autres habitations, si ce n&#8217;est par de légères nuances de couleur, caractéristique des constructions en bois récentes. Les toilettes sont les mêmes pour tout le monde et se résument à une simple cabane au plancher troué, tout au fond du jardin. Les douches sont situées dans un bâtiment dédié où l&#8217;absence d&#8217;eau courante est compensée par un ingénieux système. Enfin, il n&#8217;y a aucune route goudronnée et les chemins de randonnée ne sont pas légion, rendant ainsi une bonne partie de l&#8217;île inaccessible. Léger bémol cependant avec les décharges en extérieur et les restes de camping sauvage. Mais, de manière générale, il y a un problème avec le traitement des déchets  en Russie  &#8211; je ne compte plus le nombre de pelouses inondées de déchets que j&#8217;ai croisé depuis le début &#8211; et il serait trop facile de l&#8217;imputer au tourisme , d&#8217;ailleurs peu développé dans le pays.</p>
<div id="attachment_696" class="wp-caption alignnone" style="width: 501px"><a href="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG0173.JPG"><img class="size-large wp-image-696" title="Vache, lac et déchêts" src="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG0173-1024x768.jpg" alt="Vache, Baïkal et décharge en plein air..." width="491" height="369" /></a><p class="wp-caption-text">Vache, Baïkal et décharge en plein air...</p></div>
<p><strong>Photos</strong>: <a href="http://www.flickr.com/photos/40577859@N07/sets/72157621853567491/" target="_blank">Thomas Baïetto pour Amphis d&#8217;@illeurs</a> <strong>/ Licence Creative Commons</strong></p>
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		<title>Cap sur l&#8217;île d&#8217;Olkhon !</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Sep 2009 07:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Baïetto</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A une petite centaine de kilomètres  d&#8217;Irkoutsk, 5e étape de notre voyage, se trouve le lac Baïkal. Je vous épargne la longue liste de chiffres et de superlatifs le concernant que vous pouvez trouver sur Wikipédia. Retenez simplement deux choses: sa taille &#8211; plus de 600 km de longueur pour un peu moins de 100 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">A une petite centaine de kilomètres  d&#8217;<strong>Irkoutsk</strong>, 5e étape de notre voyage, se trouve <strong>le lac Baïkal</strong>. Je vous épargne la longue liste de chiffres et de superlatifs le concernant que vous pouvez trouver sur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Ba%C3%AFkal">Wikipédia</a>. Retenez simplement deux choses: sa taille &#8211; plus de 600 km de longueur pour un peu moins de 100 km de largeur &#8211; et la qualité de son eau, si pure que l&#8217;on peut la boire telle quelle. La &laquo;&nbsp;perle bleue de Sibérie&raquo;&nbsp; &#8211; appellation méritée quoiqu&#8217;un peu cucul &#8211; constitue donc un passage obligé pour tout voyage transsibérien. D&#8217;ailleurs, il constitue pour la grande majorité des gens que nous avons croisée l&#8217;unique étape entre Moscou et Oulan-Bator.</p>
<p style="text-align: justify;">La petite île d&#8217;<strong>Olkhon</strong> quant à elle, se situe à environ 300 km au nord d&#8217;Irkoutsk, à proximité de la rive occidentale du lac. Comme rien n&#8217;est réellement  petit en Sibérie, elle s&#8217;étend sur 70 km de long et 20 km de large. Le relief y est  plaisant, avec quelques montagnes et collines. Sa surface est essentiellement recouverte de forêts, avec cependant quelques zones de pâturages où paissent vaches, chèvres, moutons et chevaux.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;été, pour se rendre sur l&#8217;île, il faut emprunter au choix l&#8217;Olkhon Express, bus public de couleur jaune, ou l&#8217;un des vaisseaux de l&#8217;anarchique flotte de camionnettes privées dont les chauffeurs vous courtisent à l&#8217;entrée de la gare routière d&#8217;Irkoutsk. Nous avons opté pour la première option. Le trajet dure environ 7 heures, d&#8217;abord sur une route correcte puis sur une mauvaise piste. C&#8217;est un peu comme si quelqu&#8217;un s&#8217;était amusé à glisser sous la terre et le sable des kilomètres de tôles ondulées. Puis, il faut s&#8217;arrêter à <strong>Sakhourtia</strong> où deux ferry se relayent pour transporter les véhicules de l&#8217;autre côté du bras de lac (sic) qui sépare l&#8217;île de la rive. Ici, il faut patienter une bonne demi-heure avant de poursuivre, demi-heure qui fait le bonheur des petits stands de Chachliks &#8211; brochettes russes &#8211; et autres installés sur le quai. Nous remarquons même un &#8230; stand de tir, semblables a ceux que l&#8217;on peut trouver dans nos fêtes foraines. Une fois à bord, la traversée ne prends pas plus de 10 minutes. A peine remonté dans le bus, nous assistons à une drôle de scène. Un homme en treillis  monte et hurle : &laquo;&nbsp;Registration please !&raquo;&nbsp;. En Russie, il est nécessaire pour les étrangers de s&#8217;enregistrer lorsqu&#8217;ils demeurent plus de trois jours dans la même ville. En règle général, ce sont les hôtels qui se chargent- moyennant finance ou gracieusement &#8211; de cette formalité. Dans la pratique, s&#8217;il faut faire attention à avoir quelques tampons sur son passeport à la sortie de Russie, il n&#8217;est pas nécessaire de le faire systématiquement. L&#8217;homme demande à l&#8217;assistance de le suivre dans un espèce de préfabriqué anonyme, posé sur le bord de la route. Là, il faut payer pour obtenir un vague coupon tamponné. L&#8217;absence totale d&#8217;écusson officiel sur son treillis finit de nous convaincre de quitter les lieux sans effectuer la formalité. L&#8217;homme est vraisemblablement un petit malin qui s&#8217;amuse à racketter les touristes.</p>
<div id="attachment_674" class="wp-caption aligncenter" style="width: 501px"><a href="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG0001.JPG"><img class="size-large wp-image-674" title="Olkhon Express" src="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG0001-1024x768.jpg" alt="A bord de l'Olkhon Express !" width="491" height="369" /></a><p class="wp-caption-text"> A bord de l&#39;Olkhon Express !</p></div>
<p style="text-align: justify;">Quelques km de pistes et de tôles ondulées plus loin, nous arrivons a destination: <strong>Khoujir</strong>, &laquo;&nbsp;capitale&raquo;&nbsp;  d&#8217;Olkhon. L&#8217;ile ne comptant que 1500 habitants, c&#8217;est en fait un petit village posé au bord du lac. Ses petites maisons en bois aux toits et fenêtres de couleurs vives &#8211; caractéristique de la Sibérie &#8211; sont distribués de part et d&#8217;autres de larges rues sableuses, entre le lac et la forêt. Les deux principaux axes sont la piste qui vient d&#8217;Irkoutsk et la rue &#8230; Lénine (prospekt Lenina), évidemment ! Au milieu, une grande mare boueuse ajoute au charme champêtre de l&#8217;endroit. Les vaches et les chiens sont en effet chez eux ici et il n&#8217;est pas rare de les voir arpenter les rues.</p>
<div id="attachment_677" class="wp-caption alignleft" style="width: 501px"><a href="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG0066.JPG"><img class="size-large wp-image-677" title="La mare centrale de Khoujir" src="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG0066-1024x768.jpg" alt="La mare centrale de Khoujir" width="491" height="369" /></a><p class="wp-caption-text">La mare centrale de Khoujir</p></div>
<div id="attachment_676" class="wp-caption alignleft" style="width: 501px"><a href="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG0082.JPG"><img class="size-large wp-image-676" title="Une rue de Khoujir" src="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG0082-1024x768.jpg" alt="Une rue de Khoujir" width="491" height="369" /></a><p class="wp-caption-text">Chandail rouge et jupe violette dans une rue de Khoujir</p></div>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Photos</strong>: <a href="http://www.flickr.com/photos/40577859@N07/3887509980/?edited=1">Thomas Baïetto</a> /<strong> Amphis d&#8217;@illeurs </strong>–<strong> Licence Creative Commons</strong></p>
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		<title>Platskartny (2/2)</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Sep 2009 06:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Baïetto</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les arrêts
Nombreux et fréquents, ce sont des moments importants du voyage. On y descend à toute heure du jour ou de la nuit pour acheter des victuailles &#8211; ou des peluches de l&#8217;âge de glace (sic)- aux babouchkas venues des villages environnants vendre leurs produits frais et plats cuisinés (poissons, baies, petits pains, pommes de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Les arrêts</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nombreux et fréquents, ce sont des moments importants du voyage. On y descend à toute heure du jour ou de la nuit pour acheter des victuailles &#8211; ou des peluches de l&#8217;âge de glace (sic)- aux <strong>babouchkas </strong>venues des villages environnants vendre leurs produits frais et plats cuisinés (poissons, baies, petits pains, pommes de terre et viandes).  Certains en profitent pour fumer une cigarette, se dégourdir les jambes ou admirer le charme d&#8217;une petite gare plongée dans la nuit sibérienne.</p>
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<div id="attachment_662" class="wp-caption aligncenter" style="width: 235px"><a href="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG1742.JPG"><img class="size-medium wp-image-662" title="Babouchka sur le quai du Moscou-Tomsk" src="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG1742-225x300.jpg" alt="Des babouchkas sur le quai" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Des babouchkas sur le quai</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Le paysage</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Boisé ! Tout le long du trajet, bouleaux et conifères bordent la voie. Parfois, un ou deux villages, quelques grappes de dachas &#8211; notamment avant le passage de l&#8217;Oural, lorsque Moscou demeure à une distance raisonnable &#8211; apparaissent au milieu des arbres. A intervalles réguliers, la silhouette  orangée d&#8217;un employé des chemins de fer russe se détache le long de la voie. A l&#8217;approche de <strong>Tomsk</strong>, nous traversons une vaste étendue marécageuse. Ce sont les marais de la Baraba où <strong>Michel Strogoff</strong>, le héros de Jules Verne, lutta contre une armée de moustiques.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_669" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG1800.JPG"><img class="size-medium wp-image-669" title="Un village sibérien" src="http://www.amphisdailleurs.com/wp-content/uploads/2009/09/CIMG1800-300x225.jpg" alt="Un village sibérien, le long de la voie" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Un village sibérien, le long de la voie</p></div>
<p style="text-align: justify;">
<p><strong style="font-weight: bold;">Nos compagnons de voyage</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avec Étienne, nous occupions les couchettes du haut perpendiculaires au wagon, Sandra et Florent étaient disposés de même, dans le &laquo;&nbsp;compartiment&raquo;&nbsp; d&#8217;à coté.</p>
<p style="text-align: justify;">En dessous de nous, un couple de retraités russes, d&#8217;une gentillesse infinie. Il se prénommait <strong>Anatoli</strong> et était professeur de biologie, spécialiste de l&#8217;évolution (depuis l&#8217;arrivée de Sandra et de son russe plus que correct, nous communiquons beaucoup mieux). Il était presque chauve et aimait, chaque matin, replacer les quelques cheveux blancs qui lui restaient en deux coups de peigne. Sa voix était très douce et il faisait l&#8217;effort de parler lentement. Elle, s&#8217;appelait <strong>Ira</strong> et n&#8217;exerçait a priori pas de profession. Elle avait les cheveux courts, bruns et le visage extrêmement ridé. Ils étaient originaire de <strong>Kazan</strong>, dont ils nous ont vanté les mérites sportifs, ils s&#8217;étonnaient que nous puissions aller faire du tourisme a Tomsk. Eux s&#8217;y rendaient pour rendre visite au frère d&#8217;Anatoli. Ils nous ont été d&#8217;une grande aide pour nous installer correctement. A mon arrivée, je ne savais évidemment pas du tout où je pouvais trouver des draps, où mettre mes affaires ni comment faire ma couchette. Ils nous ont également fait goûter le &laquo;&nbsp;Russian coca-cola&raquo;&nbsp;, autrement dit le Kvas, un excellent soda à base de &#8230; pain. Mieux, ils nous ont donné un contact, celui d&#8217;un professeur à l&#8217;institut d&#8217;étude du lac Baïkal, en nous recommandant d&#8217;aller le voir si nous passions à <strong>Litvianska</strong>&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Outre ce sympathique couple, nous avons croisé:</p>
<p style="text-align: justify;">- une femme qui voyageait seule et qui nous a donné des chocolats russes.</p>
<p style="text-align: justify;">- un homme tatoué des pieds à la tête</p>
<p style="text-align: justify;">- un russe, vivant en Ukraine, parlant Espagnol &#8211; la langue dans laquelle je communiquais avec lui (sic) &#8211; et Portugais. Il se rendait dans un petit village proche d&#8217;Omsk. D&#8217;après ce que j&#8217;ai compris, son gourou (SIC) lui avait conseillé d&#8217;y aller pour profiter de la spiritualité du lieu.</p>
<p style="text-align: justify;">- deux jeunes vietnamiens, étudiants à Tomsk, avec qui nous allions passer nos quelques jours dans cette ville.</p>
<p style="text-align: justify;">- un petit garçon de deux ans, qui faisait des kilomètres et des kilomètres tout le long du wagon.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">L&#8217;ambiance</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Complètement différente de ce à quoi nous nous attendions. Nous imaginions vodka et fêtes,  nous avons baigné dans une sorte de cocon ouaté, à l&#8217;ambiance douce et chaleureuse. Pendant ces deux jours et demi, nous avions le sentiment d&#8217;appartenir à une petite famille, avec les grands parents russes de la couchette du dessous, la tante de la couchette d&#8217;à coté et les cousins vietnamiens de l&#8217;autre bout du wagon.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fut très agréable et les 56 heures sont passés à toute allure.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photos</strong>: <a href="http://www.flickr.com/photos/40577859@N07/sets/72157621853567491/" target="_blank">Thomas Baïetto</a> / <strong>Amphis d&#8217;@illeurs &#8211; Licence Creative Commons</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Platskartny (1/2)</title>
		<link>http://www.amphisdailleurs.com/2009/09/02/platskartny-12/</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 06:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Baïetto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pékin Express]]></category>
		<category><![CDATA[Moscou]]></category>
		<category><![CDATA[Platskartny]]></category>
		<category><![CDATA[Tomsk]]></category>
		<category><![CDATA[train]]></category>
		<category><![CDATA[Transsibérien]]></category>

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		<description><![CDATA[Le trajet
Apres les somptueuses mises en bouche de St-Petersbourg et de Moscou, il était temps, en cette nuit du 4 août, de rentrer dans le vif du sujet et de monter à bord du Transsiberien. Le trajet: Moscou-Tomsk, 3500 km, 3 fuseaux horaires, 56 heures de train. De tout notre voyage, c&#8217;est le trajet le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le trajet</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Apres les somptueuses mises en bouche de St-Petersbourg et de Moscou, il était temps, en cette nuit du 4 août, de rentrer dans le vif du sujet et de monter à bord du Transsiberien. Le trajet: Moscou-Tomsk, 3500 km, 3 fuseaux horaires, 56 heures de train. De tout notre voyage, c&#8217;est le trajet le plus long. Nous voulions expérimenter la vie dans un train sur plusieurs jours, nous avions donc décidé de ne pas nous arreter en chemin et nous n&#8217;avons pas été déçu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La Platskartny, 3e classe russe.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Platskartny. Sans doute le mot russe que je préfère. Ce qui n&#8217;est pas difficile me direz-vous, étant donne ma très faible connaissance de la langue de Pouchkine. Dans le vocabulaire de la &laquo;&nbsp;SNCF&raquo;&nbsp; russe, il correspond à la 3e classe, celle où les russes voyagent, les touristes préférant généralement la 2e, également appellée coupe, divisée en plusieurs compartiments. La platskartny quant à elle est un compartiment unique. 54 personnes vivent, le temps du trajet, dans un espace commun. Certes, on retrouve peu ou prou la disposition d&#8217;un compartiment coupe, avec 4 couchettes &#8211; 2 en bas, 2 en haut &#8211; regroupées ensembles, perpendiculaires aux murs du wagon. Mais aucun mur ne vient séparer ces couchettes du couloir. De l&#8217;autre cote de celui-ci, contre la fenetre, sont placées deux autres couchettes &#8211; 1 en bas, 1 en haut &#8211; parallèles au wagon. Nous sommes donc les uns sur les autres mais curieusement, l&#8217;habileté avec laquelle a été conçu le système &#8211; la couchette inférieure de la fenetre peut se plier et devenir une table avec deux sièges &#8211; et la gentillesse des autres passagers &#8211; les passagers de la couchette du haut, ce qui était mon cas, passent leur journée sur les couchettes du bas. Pour manger, il n&#8217;y a que 2 minuscules tables, que l&#8217;on s&#8217;échange &#8211; rendant l&#8217;expérience facile et agreable. De nombreux rangements &#8211; sous les couchettes inférieures se situent des coffres et au-dessus des couchettes supérieures, on trouve une étagère &#8211; permettant de caser sacs de voyage et provision. Ici, personne ne va au wagon restaurant, tout le monde vient avec ses provisions ou en achète aux arrêts. Les rangements supérieurs, que nous utilisions puisque qu&#8217;ils nous évitaient de virer les personnes des couchettes inférieures pour récupérer nos affaires, offrent l&#8217;occasion de mettre à l&#8217;épreuve ses capacités d&#8217;escalade.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Provodsina et Samovar</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les Provodina sont un veritable mythe ferroviaire en Russie. Ces hôtesses &#8211; les nôtres étaient des femmes mais il y a aussi de nombreux hommes &#8211; au nombre de deux par wagon &#8211; une pour le jour, l&#8217;autre pour la nuit &#8211; sont les indispensables femmes-a-tout-faire tout au long du voyage. Leurs differentes activités, dans le désordre:</p>
<p style="text-align: justify;">- pendant que le train roule :</p>
<p style="text-align: justify;">* s&#8217;assurer que le wagon et notamment les sanitaires restent propres</p>
<p style="text-align: justify;">* s&#8217;assurer que le samovar fonctionne correctement. C&#8217;est le point strategique où tout le monde vient chercher l&#8217;eau chaude pour le thé ou les plats lyophilisés.</p>
<p style="text-align: justify;">* remettre le tapis central en place et s&#8217;assurer qu&#8217;il ne soit pas encombré. L&#8217;une de nos hôtesses était particulièrement attachée à cela, ce qui nous a valu bon nombre de fou-rires lorsqu&#8217;elle dégommait, en gromellant dans sa barbe, nos chaussures, restées en vrac au milieu du couloir.</p>
<p style="text-align: justify;">* distribuer draps et serviettes</p>
<p style="text-align: justify;">* vendre du thé et d&#8217;autres friandises</p>
<p style="text-align: justify;">- pendant que le train ne roule pas:</p>
<p style="text-align: justify;">* ouvrir la porte. C&#8217;est un veritable cérémonial: d&#8217;abord, ouverture du battant puis essuyage de la poignée d&#8217;aide à la descente de droite, puis celle de gauche, puis descente du marche-pied.</p>
<p style="text-align: justify;">* contrôler les billets à l&#8217;entrée</p>
<p style="text-align: justify;">* verifier que ceux qui devaient descendre et ceux qui doivent remonter n&#8217;ont pas oublié de le faire</p>
<p style="text-align: justify;">* verifier qu&#8217;aucune personne etrangere au train ne monte</p>
<p style="text-align: justify;">* briquer consenscieusement l&#8217;ecriteau &laquo;&nbsp;Moscou- Tomsk&raquo;&nbsp;, placardé au flanc de chaque wagon.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo</strong>: <a href="http://www.flickr.com/photos/40577859@N07/3887509980/?edited=1">Thomas Baïetto</a> / <strong>Amphis d&#8217;@illeurs</strong><strong> – Licence Creative Commons</strong><strong></strong></p>
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		<title>Les étudiants de Tomsk</title>
		<link>http://www.amphisdailleurs.com/2009/08/22/les-etudiants-de-tomsk/</link>
		<comments>http://www.amphisdailleurs.com/2009/08/22/les-etudiants-de-tomsk/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 22 Aug 2009 19:05:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Baïetto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pékin Express]]></category>
		<category><![CDATA[étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Tomsk]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
		<category><![CDATA[Vietnam]]></category>

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		<description><![CDATA[Ville de 500 000 habitants, Tomsk, première étape réellement sibérienne de notre voyage, est une charmante ville universitaire, aux belles maisons de bois plus ou moins conservées, qui s&#8217;étire sur les bords du fleuve Tom. Dans le train qui nous amenait depuis Moscou se trouvaient 2 jeunes Vietnamiens qui y étudiaient, chose plutôt surprenante. Nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ville de 500 000 habitants, Tomsk, première étape réellement sibérienne de notre voyage, est une charmante ville universitaire, aux belles maisons de bois plus ou moins conservées, qui s&#8217;étire sur les bords du fleuve Tom. Dans le train qui nous amenait depuis Moscou se trouvaient 2 jeunes Vietnamiens qui y étudiaient, chose plutôt surprenante. Nous avons sympathisé avec eux et ils nous ont petit à petit expliqué leur parcours, en russe, langue qu&#8217;ils ne parlaient pas du tout en débarquant ici quelques années plus tôt. Etant donné qu’à Tomsk, la température moyenne est de -1,3 degrés et que la neige est présente 8 mois de l&#8217;année, la prouesse accomplie laisse rêveur. De quoi relativiser mon angoisse de débarquer à Pékin en bredouillant quelques mots de chinois. Après quelques parties d&#8217;échecs et une carte postale de Paris, les numéros de téléphone étaient échangés et nous convenions d&#8217;un rendez-vous à Tomsk le soir même.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir-là, Khanh, celui avec qui nous avions le plus parlé, est fidèle au rendez-vous. Il a imprimé pour nous les pages Wikipedia en anglais sur Tomsk (source des statistiques météo ci-dessus) et a également apporté toute une série de cartes postales sur la ville. La soirée est agréable, même si nous le sentons un peu gêné et mal à l&#8217;aise: malgré le fait qu&#8217;on l&#8217;invite, il refuse de boire ou de manger. Il nous propose néanmoins de nous revoir le lendemain, pour une excursion. Sur la nature de celle-ci, nous comprenons qu&#8217;elle a vaguement un rapport avec le Tom. Il ajoute également que l&#8217;une de ses amis anglophones sera présente, ainsi qu&#8217;un étudiant français.</p>
<p style="text-align: justify;">Le lendemain, nous nous retrouvons comme convenu. L&#8217;ami anglophone, Cam, est là, ce qui facilite le dialogue. Nous remontons en bavardant la Lenina Prospekt (rue Lénine, passage quasi obligé de n&#8217;importe quelle ville russe). Elle nous explique qu&#8217;elle est à Tomsk depuis 8 ans, que l&#8217;importance de la communauté vietnamienne au sein de l&#8217;université s&#8217;explique par un accord d&#8217;échange (sans doute l&#8217;héritage d&#8217;un partenariat soviétique) et qu&#8217;il n&#8217;est pas facile de se lier d&#8217;amitié avec les jeunes Russes. Ainsi, lorsqu&#8217;elle a besoin d&#8217;un renseignement, elle préfère s&#8217;adresser aux personnes âgées. Cependant, elle affirme que Tomsk est une ville facile à vivre pour les Vietnamiens, plus facile que ne le sont Saint-Pétersbourg et Moscou, où il y a des agressions et des meurtres xénophobes.  Nous finissons par arriver sur les bords du Tom, où nous décidons de nous arrêter pour boire un verre. Il est 15h45 et le petit ami de Cam doit nous rejoindre à 16h. Et là, grosse incompréhension ! Alors que nous sirotions tranquillement nos verres, il nous faut repartir au pas de course pour grimper dans un bateau sur le départ &#8211; un bateau ? Il n&#8217;en avait jamais été question jusque là – où nous attend son petit ami.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous comprenons alors qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un petit tour sur le Tom, organisé pour les étudiants étrangers de l&#8217;Université. Tout en profitant du paysage, nous faisons de nombreuses connaissances sur le pont. Etienne se met à discuter avec un petit groupe d&#8217;étudiants chinois. Ils sont ravis de rencontrer quelqu&#8217;un qui parle leur langue &#8211; Etienne &#8211; et quelqu&#8217;un qui ne la parle presque pas mais qui s&#8217;apprête à passer un an en Chine pour l&#8217;apprendre &#8211; moi -. C&#8217;est une rencontre intéressante puisqu&#8217;elle vient compléter l&#8217;image classique de l&#8217;étudiant chinois qui étudie aux Etats-unis ou en Europe. A priori, comme leurs camarades vietnamiens, ils ne sont pas là par choix : le niveau de l&#8217;université de Tomsk doit être meilleur que celui de leur université d&#8217;origine et ils n&#8217;ont pas eu la possibilité de partir aux Etats-Unis ou en Europe.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur ce bateau, nous rencontrons le fameux Français dont nous parlait Khanh. Il étudie dans une école d&#8217;ingénieur en France et fait sa mobilité à l&#8217;étranger en Russie, un mois à Krasnoiarsk puis un mois à Tomsk. Il parlait un peu le russe et était attiré par ce pays. Il a demandé des stages d&#8217;abord à l&#8217;Ouest, Moscou et Saint-Pétersbourg, sans succès, puis à l&#8217;est. Nous sommes dans un premier temps heureux de rencontrer un compatriote mais nous déchantons vite. Outre un discours quelque peu méprisant et prétentieux sur les filles russes, c&#8217;est surtout son attitude vis-à-vis de nos amis asiatiques qui nous choque. Une fois évacué le critère physique d&#8217;un &raquo;&nbsp; J&#8217;aime pas leur physique&raquo;&nbsp; lapidaire, il poursuit pieds au plancher avec &raquo;&nbsp; Ils sont trop nombreux, c&#8217;est pas normal&raquo;&nbsp;. Provoquant &#8211; il sait qu&#8217;Etienne a passé un an en Chine et que je m&#8217;apprête a faire de même -, il conclut par un &raquo;&nbsp; là vous avez mis le pieds dans la fourmilière&raquo;&nbsp; lorsque nous descendons du bateau, accompagnés des étudiants vietnamiens et chinois. Contre toute attente, il nous suit lorsque nous décidons de visiter la résidence universitaire où logent nos amis. Nous grimpons au 8e étage &#8211; avec ascenseur &#8211; d&#8217;un immeuble anonyme pour nous retrouver dans de longs couloirs aux murs bleus, couloirs où sont situés leurs chambres. A 3 dans une vingtaine de m2, ce n&#8217;est pas le grand confort mais cela reste tout a fait convenable. Frigo, ordinateurs pour chacun des locataires, douches, toilettes et cuisines collectives, cela ressemble à la cité universitaire de Paris. Cependant, des cafards et autres petits insectes se baladent le long des murs. Alors que nous nous interdisons toute remarque sur la question, notre compatriote éclate de rire à la vue d&#8217;un cafard sur le frigo&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Nous passons ensuite la soirée en sa compagnie (sic) et nous ne nous privons pas de le contredire. Seul contre 4, il faut lui reconnaître le (seul) mérite d&#8217;avoir le courage de défendre ses opinions. Pour quelqu&#8217;un qui a fait la démarche de venir étudier si loin de chez lui et dans un lieu si original, nous nous attendions à quelqu&#8217;un d&#8217;ouvert. Inutile de dire que nous avons été plus que déçus !</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, notre dernier souvenir des étudiants de Tomsk n&#8217;est pas celui là puisque le lendemain, un texto en cyrillique est arrivé sur le portable de Sandra. C&#8217;était Khanh qui nous proposait de venir manger chez eux le soir même, juste avant de prendre notre train. Nous avons eu le droit à un repas incroyable. Assis en tailleur sur le sol, armés de baguettes, nous attaquions les plats débordant de délices maisons: de succulents nems, une salade vietnamienne, du porc grillé, une salade traditionnelle russe et des bières locales.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques séances photos et échanges d&#8217;email plus tard, il nous fallait les quitter pour prendre notre train. Direction Krasnoiarsk, une ville que notre compatriote a adoré&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/aaronray/1533198119/" target="_blank">Aaron | Dan</a> / Flickr &#8211; Licence Creative Commons</strong></p>
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		<title>Un moment russe (3/3)</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Aug 2009 09:03:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Baïetto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pékin Express]]></category>
		<category><![CDATA[appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Beatles]]></category>
		<category><![CDATA[cuisine]]></category>
		<category><![CDATA[famille russe]]></category>
		<category><![CDATA[Paul McCartney]]></category>

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		<description><![CDATA[Au moment où nous avions décidé de rejoindre la mer Baltique, à une dizaine de kilomètres du centre de Saint-Pétersbourg, nous étions loin de nous imaginer ce que nous allions vivre… Suite et fin de la rencontre de Thomas et Etienne avec une famille russe.
L&#8217;appartement
La soirée avançant, il est de plus en plus question de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Au moment où nous avions décidé de rejoindre la mer Baltique, à une dizaine de kilomètres du centre de Saint-Pétersbourg, nous étions loin de nous imaginer ce que nous allions vivre… Suite et fin de <a href="http://www.amphisdailleurs.com/2009/08/14/un-moment-russe-23/" target="_self">la rencontre de Thomas et Etienne avec une famille russe</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>L&#8217;appartement</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">La soirée avançant, il est de plus en plus question de nous inviter à venir découvrir leur appartement. Après quelques hésitations gênées, nous nous plions à leur insistance. Nous pénétrons donc dans un petit immeuble, décrépi et suranné. Ils logent au 2e étage et visiblement, vu leur état d&#8217;ébriété, l&#8217;absence d&#8217;ascenseur leur coûte. Malgré leur peine et leur essoufflement, ils refusent toutefois notre aide. Nouvelle difficulté: ouvrir la porte. Ils finissent par tambouriner violemment. Une jeune femme leur ouvre et ne peux cacher sa surprise de nous voir. Nous comprenons qu&#8217;elle est la fille du couple et la mère des petites. Portant peu d&#8217;intérêt à la réticence de leur fille, ils nous poussent à l&#8217;intérieur.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pénétrons dans un couloir sombre et étroit, où nous avons peine à manœuvrer, gênés par la présence de nos sac a dos. 1e étape, la cuisine. Minuscule. Mais cela ne les a pas empêchés d&#8217;y placer un téléviseur, accroché au-dessus de la porte. 2e étape, une chambre à coucher. Stupéfaction: nous découvrons une petite vieille fatiguée et visiblement en mauvaise santé, allongée sur le canapé. Poussé à son chevet par Ievgueni, nous tentons d&#8217;engager la conversation. Peine perdue étant donné qu&#8217;elle parle aussi bien anglais que nous parlons russes, c&#8217;est-à-dire pas du tout. Nous lui offrons tout de même une carte postale de Paris, qu&#8217;Etienne a eu la bonne idée d&#8217;emporter, précisément pour ce genre de situation. Cela lui fait manifestement plaisir.</p>
<p style="text-align: justify;">Étape suivante, une autre chambre. Les petites y regardent la télé. Leur grand-mère les en chasse pour mettre un CD des Beatles. Alors que nous commençons à chanter, danser et nous rouler sur le lit, elle nous montre fièrement une photo de son idole, Paul Mc Cartney. Pendant ce temps, Karinia, qui venait de se mettre a courir partout dans l&#8217;appartement, revient avec un verre d&#8217;eau, qu&#8217;elle menace de renverser sur chaque personne présente dans la pièce. Ievegueni quant à lui prend un livre sur l&#8217;étagère et le tend à Etienne, lui faisant comprendre que c&#8217;est un cadeau. Devant son insistance et malgré notre incapacité a lire ne serait-ce que le titre, nous le prenons. Pas pour longtemps car ils s&#8217;en saisissent de nouveau pour nous le dédicacer. Quelques jours plus tard, nous apprendrons par une amie russophone qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un livre sur les folklores de Saint-Pétersbourg. En revanche, impossible pour elle de déchiffrer la dédicace.</p>
<p style="text-align: justify;">Au vu de l&#8217;agacement de la jeune femme, nous comprenons qu&#8217;il est temps de prendre congé. Cela prendra un bon quart d&#8217;heure. Après une séance photo voulue par elle, une bonne douzaine d&#8217;accolades à Ievgueni et une bise à Olga, nous chantons tous ensemble à tue-tête un dernier couplet de <em>Yesterday</em> dans la cage d&#8217;escalier. Sur le chemin du retour, hébété par ce qu&#8217;il vient de nous arriver et les quelques verres de vodka, nous planons littéralement.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui a dit que les Russes étaient des êtres froids et impersonnels ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Thomas Baïetto &amp; Etienne .</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/40577859@N07/3799793485/" target="_blank">Etienne / Amphis d&#8217;@illeurs</a> &#8211; Licence Creative Commons</strong></p>
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		<title>Un moment russe (2/3)</title>
		<link>http://www.amphisdailleurs.com/2009/08/14/un-moment-russe-23/</link>
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		<pubDate>Fri, 14 Aug 2009 06:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Baïetto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pékin Express]]></category>
		<category><![CDATA[chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Cousteau]]></category>
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		<description><![CDATA[Au moment où nous avions décidé de rejoindre la mer Baltique, à une dizaine de kilomètres du centre de Saint-Pétersbourg, nous étions loin de nous imaginer ce que nous allions vivre… Suite de la rencontre de Thomas et Etienne avec une famille russe.

Dans le désordre, les principaux sujets de notre conversation:
- les chanteurs: ils connaissent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Au moment où nous avions décidé de rejoindre la mer Baltique, à une dizaine de kilomètres du centre de Saint-Pétersbourg, nous étions loin de nous imaginer ce que nous allions vivre… Suite de <a href="http://www.amphisdailleurs.com/2009/08/08/un-moment-russe-13/" target="_self">la rencontre de Thomas et Etienne avec une famille russe</a>.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le désordre, les principaux sujets de notre conversation:</p>
<p style="text-align: justify;">- les chanteurs: ils connaissent les Beatles, Aznavour, Mireille Mathieu, Patricia Kaas, Jean-Michel Jarre, Edith Piaf et Joe Dassin. Nous fredonnons <em>Les Champs Elysées</em> mais surtout <em>Yesterday</em>, véritable hymne de la soirée. A la demande d&#8217;Olga, Thomas entame Imagine puis se ravise devant leur regard sceptique: &laquo;&nbsp;I am a bad singer ! &#8211; Da !&raquo;&nbsp;. En revanche, à leur grand désespoir, nous sommes incapables de citer le moindre chanteur russe &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">- Pouchkine. Olga nous en récite des vers.</p>
<p style="text-align: justify;">- une localisation ou ils nous conseillent de nous rendre, qui, après 23 schémas, de nombreux quiproquos et de grandes explications, s&#8217;avérera être Krondstat, ville natale de Ievgueni.</p>
<p style="text-align: justify;">- des personnages et des faits historiques: Napoléon et Koutousov (surtout quand Olga s&#8217;agace), Alexandre III dont l&#8217;existence d&#8217;un pont parisien à son nom les réjouie, et la Seconde Guerre mondiale. Ievgueni a les larmes aux yeux quand Etienne lui fait comprendre que son grand-père a combattu le même adversaire (&raquo;&nbsp;Fasciste !&raquo;&nbsp; s&#8217;exclame Olga en mimant un coup de baïonnette)</p>
<p style="text-align: justify;">- la famille. Thomas donne le nom de ses parents, frères et sœurs. Immense moment de gêne lorsqu&#8217;ils nous semblent qu&#8217;Olga lui propose, à plusieurs reprises, la main de sa petite fille, l&#8217;enjoignant à aller jouer avec elle, à lui courir après. Nous nous sentons même obligés de sortir l&#8217;appareil de Thomas pour lui montrer une photo de sa petite amie afin de justifier son refus.</p>
<p style="text-align: justify;">- la Finlande que l&#8217;on aperçoit et que Ievgueni montre à Etienne.</p>
<p style="text-align: justify;">- nos études. Au &laquo;&nbsp;Political Sciences&raquo;&nbsp; de Thomas, ils ne comprennent que Sciences et nous parlent d&#8217;avions et de cosmonautes.</p>
<p style="text-align: justify;">- l&#8217;école des petites, singulièrement appelée &laquo;&nbsp;Jacques-Yves Cousteau&raquo;&nbsp;. A l&#8217;issue de la &laquo;&nbsp;dégustation&raquo;&nbsp; de vodka, nous irons même nous faire photographier en leur compagnie devant.</p>
<p style="text-align: justify;">Au fil de la conversation, nous vivons plusieurs moments cocasses:</p>
<p style="text-align: justify;">- Ivre, Ievgueni dégomme tout ce qui dépasse: le verre de jus de l&#8217;une des petites, la carafe de vodka vide qui tombe dans la soupe puis la carafe de vodka pleine, qui brise une assiette. Une scène d&#8217;anthologie se produit alors: sans s&#8217;alarmer plus que cela, il la pose dans l&#8217;herbe sous la table, demande aux petites de lui amener de l&#8217;herbe et la recouvre méthodiquement. La serveuse n&#8217;y verra que du feu.</p>
<p style="text-align: justify;">- les sandales de la petite, que Ievgueni place sur ses oreilles pour nous faire rire</p>
<p style="text-align: justify;">- les doigts du même Ievgueni amputés de quelques phalanges. Il s&#8217;amuse à les placer contre son nez pour amuser la galerie</p>
<p style="text-align: justify;">- la morsure de Karinia. Pas farouche, elle s&#8217;emploie à mordre consciencieusement le bras de Thomas</p>
<p style="text-align: justify;">- les pièces de la même petite. Elle nous offre des roubles et des kopeks. Nous lui donnons en échange les quelques euros qu&#8217;ils nous restent. Son grand-père, qui ne perd pas le nord, s&#8217;empare de la pièce de deux euros et nous remercie</p>
<p style="text-align: justify;">- les stylos. Olga, tel un président français en visite officielle en Roumanie, admire, contemple, examine le stylo ESCP-EAP de Thomas. Elle finit par le placer dans son sac après avoir forcé notre approbation. En retour nous recevons un stylo&#8230;vide d&#8217;encre.</p>
<p style="text-align: justify;">- le sel sur la robe. Le serveur en débarrassant renverse un potage local sur la robe de la grand-mère. Celui ci lui apporte du sel. N&#8217;écoutant que son courage &#8211; ou plutôt la vodka absorbée jusque la &#8211; Thomas vole a son secours et l&#8217;aide a saler sa robe.</p>
<p style="text-align: justify;">- Thomas, encore lui !, se fait passer pour un devin auprès de la famille en trouvant du premier coup leur âge. Précisons juste que Ievgueni avait donne le sien quelques minutes auparavant.</p>
<p style="text-align: justify;">- &laquo;&nbsp;Good boy, I&#8217;m glad&raquo;&nbsp;. La phrase du jour, prononcée jusqu&#8217;a plus soif (quoique&#8230;) par le joyeux grand-père, ponctuée de grandes poignées de main ou d&#8217;accolades envers nous.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Thomas Baïetto &amp; Etienne<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/40577859@N07/3799793709/" target="_blank">Thomas Baïetto pour Amphis d&#8217;@illeurs</a> &#8211; Licence Creative Commons</strong></p>
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		<title>Un moment russe (1/3)</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Aug 2009 09:06:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Baïetto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pékin Express]]></category>
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		<category><![CDATA[famille russe]]></category>
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		<description><![CDATA[Au moment où nous avions décidé de rejoindre la mer Baltique, à une dizaine de kilomètres du centre de Saint-Pétersbourg, nous étions loin de nous imaginer ce que nous allions vivre…
En descendant la Neva, nous remarquons tout d&#8217;abord des locaux de Gazprom, soulignés par la présence de 4 berlines noires aux vitres teintées juste devant. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Au moment où nous avions décidé de rejoindre la mer Baltique, à une dizaine de kilomètres du centre de Saint-Pétersbourg, nous étions loin de nous imaginer ce que nous allions vivre…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En descendant la Neva, nous remarquons tout d&#8217;abord des locaux de Gazprom, soulignés par la présence de 4 berlines noires aux vitres teintées juste devant. Un peu plus loin, nous apercevons pêle-mêle un rassemblement de 5 limousines &#8211; mariage oblige -, un yacht appelé le <em>Spirit of Adventure</em> et un &#8230; sous-marin à quai. A quelques centaines de mètres, le décor change. C&#8217;est un autre visage que nous offre la ville de Pierre le Grand: les belles façades colorées, claires et harmonieuses laissent place à des bâtiments décrépis, ternes et fatigués, les touristes ont disparus, le trolleybus moderne a été remplace par un tramway poussif, poussiéreux mais peut-être plus charmant. Les Russes croisés en chemin ne ressemblent pas à leurs homologues du centre-ville: un peintre en bâtiment à qui l&#8217;on donnerait volontiers 15 ans; un jeune assis à l&#8217;avant d&#8217;une camionnette manipule un flingue; un passant qui ne peut nous indiquer ou se trouve la Baltique mais qui nous montre immédiatement le chemin de la mer.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir pris un bain (rapide, histoire de pouvoir l&#8217;écrire ici) dans la Baltique depuis une charmante plage en béton, nous nous installons à la terrasse d&#8217;un café local &#8211; comprendre une baraque, au milieu de la pelouse, près de la mer, avec des tables et des bancs -. Nous sommes en train de jouer aux cartes lorsqu&#8217;une dame russe imposante nous accoste et se saisit du jeu de cartes. La cinquantaine, teinture blonde, visage rond et bouffi, robe bleu cyan et cigarette aux lèvres, elle devine notre nationalité &#8211; aidée par sa petite fille, qui, nous l&#8217;apprendrons plus tard, étudie le français à l&#8217;école -, pose son sac à main intérieur léopard sur la table et s&#8217;assoit à nos côtés. Elle distribue 3 jeux de 6 cartes, en retourne une et joue. Au début, à son grand énervement, nous ne comprenons strictement rien. Après quelques parties, nous finissons par saisir que:</p>
<p style="text-align: justify;">- celui qui démarre pose une petite carte</p>
<p style="text-align: justify;">- le suivant monte dans la même couleur</p>
<p style="text-align: justify;">- le troisième met le dernier chiffre joue ou coupe avec l&#8217;atout (carte retournée au début)</p>
<p style="text-align: justify;">- impossible de comprendre la suite. En tout les cas, nous avons le sentiment de nous faire avoir. Lorsqu&#8217;il semble que nous avons perdu, nous devons ramasser les cartes, lorsque c&#8217;est notre partenaire qui perd, elle les exclue du jeu.</p>
<p style="text-align: justify;">Résultat, elle s&#8217;énerve de notre incompréhension, nous donne des tapes sur l&#8217;épaule lorsque nous nous trompons, regarde nos jeux et finit par jouer pour nous. Dans le même temps, sa petite-fille s&#8217;amuse à lui tirer les cheveux, lui faire des oreilles d&#8217;ânes, visiblement encouragée par la présence d&#8217;un public (nous ne nous privons pas de prendre quelques photos). La grand-mère, Olga, fait preuve de plus de patience à son égard qu&#8217;envers nous: elle finit par abandonner, dépitée, et part à l&#8217;intérieur. Thomas en profite pour tenter d&#8217;engager la conversation avec la petite-fille qui étudie le français, sans succès puisque celle-ci ne tarde pas à se jeter dans les bras d&#8217;un vieux monsieur qui arrive en boitillant. Il semble (déjà !) ivre, de longs cheveux gris entourent un visage rongé par l&#8217;alcool, agrémenté  d’une paire de lunettes. Cet homme &#8211; Ievgueni &#8211; est le mari d&#8217;Olga, comme nous l&#8217;apprenons lorsque Olga revient et que tous les deux s&#8217;installent à notre table. La conversation s&#8217;engage, difficile et irrégulière en raison de la barrière de la langue. Leur niveau d&#8217;anglais, certes meilleur que notre russe inexistant, permet des échanges saccadés, des répétitions à n&#8217;en plus finir et des frustrations liées à l&#8217;incompréhension. Nous échangeons nos prénoms et leur offrons une carte postale (dédicacée) de la Tour Eiffel. C&#8217;est le début d&#8217;une longue série d&#8217;accolades en tout genre, facilitées par l&#8217;alcool que nous commençons à consommer: Ievgueni vient d&#8217;apporter sur la table la première fiole de vodka. Il n&#8217;y a que deux verres, nous buvons donc à tour de rôle, les Français d&#8217;abord. Pour trinquer, Ievgueni avance son visage et nous comprenons que nous devons faire tinter nos verres contre ceux de ses lunettes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Thomas Baïetto &amp; Etienne.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/40577859@N07/3799793485/" target="_blank">Etienne / Amphis d&#8217;@illeurs</a> &#8211; Licence Creative Commons</strong></p>
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		<title>Dernières images de Paris et premiers pas russes</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Aug 2009 11:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Baïetto</dc:creator>
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		<description><![CDATA[29 juillet, St-Petersbourg, 22h30 (heure locale). Confortablement calé devant l&#8217;unique ordinateur de l&#8217;hôtel, je prends le temps de revenir sur cette journée éprouvante. Le temps de me remémorer les dernières images de Paris, traversée à 6h du matin pour rejoindre Orly. Un bistro qui commence à s&#8217;étirer rue Pascal, un étal qui se monte rue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">29 juillet, St-Petersbourg, 22h30 (heure locale). Confortablement calé devant l&#8217;unique ordinateur de l&#8217;hôtel, je prends le temps de revenir sur cette journée éprouvante. Le temps de me remémorer les dernières images de Paris, traversée à 6h du matin pour rejoindre Orly. Un bistro qui commence à s&#8217;étirer rue Pascal, un étal qui se monte rue Glacière, une course-poursuite, le marché de Rungis depuis l&#8217;autoroute, le Canard enchaîné au Relay d&#8217;Orly. Going up the country des Canned Heat dans les oreilles &#8211;  cliché rassurant, quoiqu&#8217;un peu ridicule &#8211; lorsque l&#8217;avion décolle et me voilà parti pour un an. Après une escale a Berlin Tegel, je me retrouve pour la première fois de ma vie hors de l&#8217;UE. La télévision de l&#8217;avion diffuse le vidéo gag allemand puis un épisode de Friends, toujours en allemand, alors que nous survolons la mer Baltique.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;avion finit par se poser a Pulkovo, l&#8217;aéroport de St Petersbourg. Sur le siège derrière moi, une petite française interroge ses parents &raquo;&nbsp; Elle est ou la Russie ?&raquo;&nbsp;. A peine sorti de l&#8217;avion, la réponse saute aux yeux: de l&#8217;architecture soviétique à l&#8217;absence de sourire de la douanière qui me contrôle, tout semble coller à la caricature habituelle. Pourtant, après un petit sprint pour prendre le bus n°13, les premières surprises pointent le bout de leur nez, ou plutôt de leur moustache, celle de notre chauffeur. Casquette noire vissée sur le crane, gants de vélo aux poings, alliance sandales-chaussettes aux pieds, chaîne et croix au cou, fanions et peluches tout autour du poste de conduite, il ne ressemble pas vraiment a son homologue français. Je ne suis pas au bout de mes surprises puisqu&#8217;au moment de payer &#8211; ici, l&#8217;usage est de payer lorsque l&#8217;on descend, comme nous l&#8217;a gentiment explique un vieux monsieur -, je remarque que l&#8217;un de ses fanions est celui de&#8230; l&#8217;Union Européenne.</p>
<p style="text-align: justify;">Après le bus, le métro, et là les choses se compliquent quelque peu pour les non-russophones absolus que nous sommes avec Etienne. Première difficulté dès l&#8217;entrée dans la bouche, quel couloir choisir ? Au hasard, nous optons pour ce qui s&#8217;avérera être la bonne solution. 2e difficulté: où acheter des tickets ? Après s&#8217;être cassés les dents sur tout ce qui pouvaient ressembler de près ou de loin à un distributeur ou à un guichet &#8211; pêle-mêle: une machine obscure dont nous n&#8217;avons toujours pas compris l&#8217;utilité, ce qui nous a paru être a posteriori une billetterie de spectacles dont le guichet s&#8217;est aimablement fermé à notre arrivée -, nous tombons sur le bon. Et là, autre surprise, le St-Petersbourgeois ne fait pas la queue, ou alors de manière très relâché. Après s&#8217;être fait doublés plusieurs fois nous jouons des coudes et obtenons  nos&#8230; jetons. Ici, il faut glisser un jeton dans le tourniquet, et ne pas essayer de le récupérer &#8211; ce que nous avons évidemment fait &#8211; puisque la machine les garde. Cependant, les adeptes du sautes-tourniquets ne doivent pas se réjouir trop vite puisqu&#8217;un employé surveille en permanence l&#8217;entrée, depuis sa petite guérite. 3e difficulté, trouver le métro. Le long d&#8217;un couloir, nous ne remarquons pas les groupes de gens qui patientent a cote de lourdes portes en fer. Notre étonnement est donc total lorsque nous voyons s&#8217;ouvrir cette série de portes sur le métro, à l&#8217;intérieur confortable quoiqu&#8217;un peu vieillot. Difficulté suivante, l&#8217;absence de panneau en station pour en indiquer le nom. Nous nous mettons donc consciencieusement à compter le nombre d&#8217;arrêts qui nous séparent de la station Nevsky Prospect, notre destination. Retour sur le quai et dernière difficulté, trouver la sortie, difficulté largement sous-estimée par notre optimisme, mais qui se rappelle a notre bon souvenir lorsqu&#8217;au détour d&#8217;une bifurcation, nous tombons nez a nez avec 3 escalators allant dans le sens contraire. Demi-tour donc puis nous voila enfin dehors. Nous regagnons l&#8217;hôtel sans trop nous perdre. Notre premier trajet est terminé !</p>
<p><strong>Photo: Thomas Baïetto pour <a href="http://www.flickr.com/photos/40577859@N07/3789241191/" target="_blank">Amphis d&#8217;@illeurs</a> &#8211; Licence Creative Commons</strong></p>
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